dimanche 25 février 2018
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Le lieutenant-colonel Stéphane Bozon présente le PGHM aux autorités (Photo/A.V/L’Essor).

Une stèle à Chamonix pour les 60 ans du secours en montagne

Le souvenir des souffrances de Vincendon et Henry désormais gravé dans le bronze

2018 est une année importante pour les montagnards de la Gendarmerie nationale qui vont célébrer, en plusieurs épisodes, les 60 ans du PGHM de Chamonix et les 30 ans du CNISAG.

Les commémorations ont commencé lundi par l’inauguration d’une sculpture de Joseph Canova, fondeur d’art, consacrée à Vincendon et Henry.

Les commandants des PGHM avec les équipages de la section aérienne de la Gendarmerie et des sauveteurs en montagne italiens de la Guardia di Finanza (Photo/A.V/L’Essor).

C’est à la suite de la mort affreuse de ces deux alpinistes, fin 1956, début 57, qu’a été créée le secours en montagne. Un drame épouvantable, une opinion publique informée au jour le jour de ce qui fut une double agonie, la désorganisation évidente des services de secours, alors entre les mains de bénévoles, les autorités devaient réagir !

Le premier Groupe spécialisé de haute-montagne (GSHM) fut opérationnel dans le massif du Mont-Blanc le 3 novembre 1958. Étoffé, il devint peloton (PSHM) en 1961 pour prendre, dix ans plus tard, son nom actuel de Peloton de gendarmerie de haute-montagne (PGHM). De 1958 à 2018, 258 militaires ont été affectés l’unité qui compte aujourd’hui 44 officiers et sous-officiers.

En 1988, toujours à Chamonix, fut créée le CNISAG (Centre national d’instruction de ski et d’alpinisme de la Gendarmerie) pour répondre aux besoins de formation, d’entrainement et de recyclage des montagnards de l’Arme.

Les anciens parmi leurs camarades en activité (Photo/A.V/L’Essor).

Lundi, le préfet, le maire et le lieutenant-colonel Stéphane Bozon, commandant le PGHM, accompagnés de membres des familles de François Henry et Jean Vincendon ont dévoilé la sculpture devant des élus de Haute-Savoie, du colonel Labrunye, commandant le groupement départemental de Gendarmerie, mais aussi de nombreux anciens du “PG”, heureux de retrouver des camarades de l’Ecole nationale de ski et d’alpinisme (ENSA), de l’Ecole militaire de haute-montagne (EMHM), du Centre national d’entrainement à l’alpinisme et au ski des CRS (CNEAS) et de la compagnie des guides.

Sur la stèle du CNISAG, côté route, le nom des deux alpinistes au destin tragique reste ainsi à jamais gravé dans l’histoire de la montagne.

Stéphane Bozon a défini le contexte de la cérémonie :

“Fêter cet anniversaire n’aurait pas de sens si l’on ne se souvenait pas du drame de Jean Vincendon et de François Henry qui périrent au Grand Plateau, sous le Mont-Blanc après avoir réalisé, en hivernal, l’ascension de l’éperon de la Brenva entre Noël 1956 et début janvier 1957.

Ce drame est présent dans tous les esprits de ceux qui ont fait de la montagne leur vie, dans l’âme des secouristes de l’époque dont malheureusement beaucoup sont décédés, de ceux toujours présents, des guides, des guides de l’Ecole militaire de haute montagne, des pilotes et mécaniciens d’hélicoptères, mais aussi dans l’âme des membres descendants de ces familles, dans l’âme collective des gens de la montagne.

Nous savons le poids qu’a pesé sur ces familles cet échec de secours malgré toutes les tentatives, malgré l’acharnement des hommes à une époque où les moyens, les matériels, les méthodes n’étaient pas ceux d’aujourd’hui et une époque où l’organisation des secours était fondée sur la solidarité et le bénévolat de gens appartenant à des institutions et des organismes différents”.

Le colonel Bozon a alors rappelé que “toutes les souffrances vécues par Vincendon et Henry, ces deux jeunes alpinistes passionnés, mais aussi celles de tous les secouristes engagés” (dont ceux de l’hélicoptère qui s’est écrasé sur le plateau, tout près des naufragés) “ont vu un prolongement, celui de la naissance d’une nouvelle architecture des secours : de ce drame est, en effet, né le PGHM de Chamonix suivi d’autres PGHM ainsi que des CRS de montagne. Les souffrances de Jean Vincendon et de François Henry, mais aussi celles de ceux qui essayèrent de les sauver n’ont donc pas été vaines !”.

Aujourd’hui Vincendon et Henry, dont l’histoire a tenu en haleine le monde pendant des jours et des jours, seraient secourus le jour même et leur histoire ne ferait pas trois lignes dans la presse locale…

André Veyret

 La France sous le choc

Le fondeur d’art, Joseph Canova (bras croisés) avec le commandant du PGHM de Chamonix (Photo/A.V/L’Essor).

“1956-57. Vincendon et Henry, vos souffrances ont fait naître nos devoirs. 1958 : création des PGHM” indique sobrement la sculpture réalisée par Joseph Canova, fondeur d’art savoyard.

Elle est désormais fixée sur la stèle du CNISAG, côté rue.

L’histoire de de Vincendon et Henry, alpinistes tragiquement disparus à 24 et 22 ans en 1956 (ou 1957) a ému la France… et Joseph Canova. “J’avais 9 ans. Nous n’avions pas la télévision, mais tous les journaux ne parlaient que de ces alpinistes en perdition. Depuis la Maurienne voisine, nous suivions au jour le jour ce sauvetage lourd d’incroyables rebondissements et au dénouement tragique.

Ma mère, impressionnée et inquiète, disait sans cesse en pensant à ses enfants : “heureusement que nous n’habitons pas à Chamonix !“.

Lundi, à l’Ermitage, après la cérémonie, l’historien et écrivain Yves Ballu, a tenu l’auditoire en haleine en retraçant la mortelle randonnée qu’il a aussi racontée dans le livre “Naufrage au Mont-Blanc” (collection Guérin).

La sculpture de Joseph Canova est désormais gravée dans la stèle du CNISAG (Photo/A.V/L’Essor).

Un commentaire

  1. canova joseph

    Un très grand merci à Jean Pierre Mirabail Commandant du PGHM de Bourg Saint Maurice qui a pris le temps de m’écouter et surtout de faire passer cette idée auprès du Commandant de Chamonix Stéphane Bozon, qui lui l’a réellement pris à cœur y a apporté une grande sensibilité pour faire de cette cérémonie du 5 Février un évènement très émouvant. Merci aussi à tous les gendarmes qui nous ont assisté pour la pose du bronze, qui sont venu assister à la coulée etc.

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