vendredi 18 octobre 2019
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Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, le directeur de cabinet adjoint du président de la République Alain Zabulon et le DGGN Jacques Mignaux passent en revue les troupes lors de l'hommage aux deux gendarmes tuées à Collobrières (Photo Matthieu GUYOT/Essor)
Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, le directeur de cabinet adjoint du président de la République Alain Zabulon et le DGGN Jacques Mignaux passent en revue les troupes lors de l'hommage aux deux gendarmes tuées à Collobrières (Photo Matthieu GUYOT/Essor)

Zone de sécurité prioritaire d’Amiens Nord : “des résultats très positifs”

La mise en place d’une zone de sécurité prioritaire (ZSP) à Amiens Nord a donné selon les autorités des “résultats très positifs” près de six mois après les émeutes d’août dernier, mais la “reconquête du territoire” reste encore fragile et à achever.

Avec notamment une réduction de 42% des violences urbaines, entre 2011 et 2012, pour la période de septembre à décembre, le préfet de la Somme, Jean-François Cordet, estime que la délinquance a clairement reculé. Il l’attribue en premier lieu au comité de sécurité intérieure, qui réunit régulièrement le préfet, le procureur de la République, la police, la gendarmerie et l’ensemble des services de renseignement, permettant une “connaissance fine de la zone, des gens”.

Entre septembre et fin janvier, quelque 170 personnes ont été interpellées, “dont une grande partie des auteurs des violences du mois d’août”, selon Dominique Nectoux, directeur départemental de la sécurité publique (DDSP). Deux réseaux de trafic de stupéfiants, une priorité de la ZSP, ont été démantelés, rappelle-t-il. Treize arrêts préfectoraux originaux, parmi lesquels l’interdiction de la vente d’acide chlorhydrique, ont également porté leurs fruits, selon le préfet.

Objectif: la reconquête du terrain

Si aucune des personnes interpellées n’a à ce jour été mise en examen pour les tirs qui ont blessé 17 policiers à la mi-août, le préfet estime que leur présence a favorisé un “effet masse” lors des émeutes. L’objectif prioritaire, c’est la “reconquête du terrain”, explique-t-il. Dans cette optique, 40 CRS sont présents en renfort. Affectés durablement, ils “connaissent le terrain” et “ne sont pas là simplement en soutien des opérations”, explique Thomas Lavielle, directeur de cabinet du préfet.

Les policiers ont ainsi “sécurisé la quasi-totalité des toits” où étaient stockés réserves de cailloux et autres projectiles. “Il y a de la police qui sécurise, c’est évident qu’il y a eu des arrestations”, pour Georges Vetrino, responsable associatif implanté de longue date dans le quartier. Mais il pense que rien de durable ne se fera sans le levier économique, dans ce quartier où le chômage touche près de deux jeunes sur trois.

Un commerçant du marché du Colvert, qui a requis l’anonymat, est plus sévère: pour lui, il n’y a “aucun changement”. Malgré une baisse affichée de plus de 40% des incendies de véhicules, ils demeurent selon lui “quotidiens”. Dans la zone commerciale, “poumon du quartier”, venaient “il y a dix ans, 10.000 visiteurs par jour. Aujourd’hui, s’il y en a 2.000, c’est déjà bien”, déplore-t-il.

“Pour le moment, nous n’avons pas totalement réussi”, reconnaît Jean-François Cordet, qui estime que “malgré la baisse des violences urbaines, il y en a encore beaucoup trop”. Le calme reste fragile, comme en témoignent les récentes agressions de policiers municipaux, victimes de jets de pierres. Pour le préfet, la “reconquête” passe aussi par la rénovation urbaine, dont les chantiers sont désormais sous haute surveillance policière.

“Tout ça ne peut pas reposer uniquement sur l’aspect répressif”, renchérit le procureur de la République d’Amiens, Bernard Farret. “Il faut que ce soit accompagné de progrès économiques et sociaux”. “Mais tout ça fait boule de neige, si c’est plus calme, les gens pourront revenir”, veut croire le magistrat. La “mobilisation” des forces de police et des services de l’Etat “provoque une libération de la parole”, favorisant l’enquête judiciaire, selon M. Farret.

La ZSP a également œuvré pour un partenariat entre l’Etat et les élus locaux, qui a permis plusieurs réalisations, comme l’enfouissement des containers à poubelles afin d’empêcher les incendies ou le redéploiement prochain de caméras de surveillance. “La ZSP a permis d’inverser une tendance, notamment avec la présence d’une demi-compagnie de CRS, s’est réjoui le maire d’Amiens, Gilles Demailly (PS). Mais je pense que le relais devra être pris avec des fonctionnaires à temps plein, affectés à Amiens”.

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