mercredi 23 septembre 2020
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(Photo d'illustration L'Essor.)

Vol inédit de cocaïne au “36” : un policier des Stups’ arrêté

Fin du suspense et enquête éclair : un brigadier de police a été interpellé samedi soupçonné de la disparition inédite de plus de 50 kg de cocaïne au 36 Quai des Orfèvres, siège de la police judiciaire (PJ) parisienne.

Le suspect, un homme de 34 ans affecté à la brigade des stupéfiants depuis plusieurs années et dont le profil de “ripou” qui se dessine intrigue, a été interpellé à la mi-journée sur son lieu de vacances vers Perpignan, ont annoncé dans un communiqué commun le préfet de police de Paris et le procureur de la République, confirmant une source policière à l’AFP.

Selon cette source policière, il a été aussitôt placé en garde à vue et devait être entendu par les enquêteurs de “la police des polices” (l’Inspection générale de la police nationale, IGPN) à Paris où il doit être transféré par avion.

Le suspect, “beau gosse”, est considéré comme “quelqu’un de confiance”, plutôt “passe-muraille”, selon des sources policières, mais beaucoup “se posent des questions sur son attitude récente”. Selon de tout premiers éléments d’enquête, il serait “propriétaire de sept appartements” à Perpignan, un train de vie qui intéresse les enquêteurs et des complicités ne sont pas exclues “voire même dans la police” mais pas au “36”, assurent ces sources.

Samedi matin, quelques heures à peine avant son interpellation, il appelait encore les collègues de son groupe pour faire le point sur les dossiers en cours, selon une source policière.

Le ministre de l’Intérieur a annoncé la suspension du suspect à titre conservatoire. “Si l’enquête devait confirmer son implication, et dès que j’aurai connaissance des conclusions de cette enquête, je prendrai toutes les sanctions et autres dispositions nécessaires”, a déclaré Bernard Cazeneuve. “Ce type de dérive ne peut exister dans la police”, a-t-il martelé, évoquant “une affaire extrêmement grave”.

Electrochoc au “36”

 

Des perquisitions étaient menées samedi sur le lieu de villégiature du suspect, ainsi qu’à son domicile parisien, a dit la source policière. C’est la fin d’une énigme que n’auraient pas reniée les auteurs de polars s’étant largement inspirés de la légende du “36”. La disparition de 52,6 kg de cocaïne, estimés à 2 millions d’euros à la revente et saisis le 4 juillet par la brigade des Stups’, y a suscité une forte émotion : elle est inédite, par son ampleur, dans les annales de la police.

Jeudi matin, la drogue ne se trouvait plus dans la salle des scellés ultra sécurisée dont l’accès nécessite de signer un registre et d’être accompagné d’un fonctionnaire en possédant la clé. L’IGPN s’était rendue “sans délai” sur place et le “36” a été minutieusement perquisitionné.

Les enquêteurs se sont intéressés à un homme qui a été “vu entrant dans les ocaux avec deux sacs et en ressortant peu après et ce, dans la nuit du 24 au 25 juillet”. L’exploitation des moyens vidéo autour du “36” a permis “d’établir une forte ressemblance entre cet individu et un fonctionnaire des Stups’.

La drogue – qui n’avait pas été retrouvée en fin d’après-midi – provenait d’une saisie réalisée à l’issue d’une longue enquête, dans laquelle quatorze suspects ont été arrêtés et 48 pains de cocaïne, d’environ 1 100 grammes chacun, saisis dans un appartement parisien, précise le communiqué.

La plupart des policiers interrogés vendredi par l’AFP faisaient part de leur “incrédulité” et évoquaient “un coup de tonnerre, un électrochoc si le vol est avéré”, avaient dit des sources policières. D’autant que le “36” a été secoué par un scandale il y a quelques mois avec l’inculpation de deux policiers de la brigade de recherche et d’intervention (BRI), soupçonnés d’avoir violé une Canadienne dans leurs locaux.

L’audition du suspect permettra d’en savoir plus sur ses motivations et surtout s’il a bénéficié de complicités – outre, peut-être, dans la police – de voyous et/ou trafiquants.

Des affaires “ont capoté” récemment à la brigade des Stups’, disent les sources, sans lien établi avec le brigadier qui a, par ailleurs, fait toute sa scolarité à Perpignan et est marié. Il a été interpellé alors qu’il faisait ses courses.

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