vendredi 4 décembre 2020
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Voiture de police incendiée, quai de Valmy (Photo d'illustration L'Essor).
Voiture de police incendiée, quai de Valmy (Photo d'illustration L'Essor).

Voiture de police incendiée en mai à Paris : mobilisation pour un des suspects

Les avocats et la famille d’Antonin Bernanos, jeune militant mis en examen dans l’enquête sur l’attaque et l’incendie d’une voiture de police en mai 2016 à Paris, ont dénoncé lundi le maintien en détention provisoire depuis dix mois du jeune homme.

Antonin Bernanos, connu dans la mouvance des “Antifas” (antifascistes), est soupçonné d’avoir brisé la vitre arrière du véhicule à l’aide d’un lourd plot métallique lors d’une contre-manifestation interdite, en marge d’un rassemblement contre la “haine anti-flics“, près de la place de la République.

Mis en cause par le témoignage d’un policier infiltré, il est incarcéré à Fleury-Mérogis. “Il y a eu à trois reprises des ordonnances de placement sous contrôle judiciaire prises par des juges de la liberté et de la détention et à chaque fois le parquet a fait un référé-détention. A deux reprises, le parquet a obtenu de la chambre de l’instruction l’annulation de l’ordonnance“, a résumé Hugo Lévy, avocat du jeune homme, au siège de la Ligue des droits de l’Homme qui soutient le jeune homme.

Huit hommes mis en examen pour tentative de meurtre sur policiers

La chambre de l’instruction doit se prononcer mardi pour la troisième fois sur son maintien ou non en détention. “Dans ce dossier, le seul élément à charge et qui justifie le maintien en détention c’est le témoignage d’un policier de la préfecture de police qui bénéficie du mécanisme de l’anonymat (…) mais sinon vous n’avez aucun autre témoignage, aucun autre élément à charge, pas d’ADN, pas de preuve, pas de vidéo“, a fait valoir l’autre avocat d’Antonin Bernanos, Jérémie Assous.

Les images de l’agression, largement diffusées, montraient plusieurs personnes cagoulées attaquant une voiture de police, l’une brisant une fenêtre, une autre frappant un policier à l’intérieur, une autre encore cassant la vitre arrière avec un plot. Enfin, un individu lançait un fumigène allumé dans la voiture, provoquant un embrasement et forçant les agents à en sortir.

Dans cette affaire, huit hommes sont mis en examen notamment pour tentative de meurtre sur policiers et destruction et violences en bande organisée. Quatre d’entre eux sont en détention provisoire, dont Antonin Bernanos, tandis que les quatre autres sont sous contrôle judiciaire, notamment son frère cadet Angel.

Depuis le 18 mai, nous avons vu notre vie et celle de nos fils basculer“, a témoigné lundi leur mère, Geneviève Bernanos. “Aujourd’hui, nous ne comprenons pas cette détention provisoire qui s’éternise” et “qui ne respecte pas sa présomption d’innocence“, “sa liberté d’opinion” et “le droit de manifestation“. Son père Yves a qualifié cette détention provisoire de “punition préventive“.

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