vendredi 23 octobre 2020
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Photo d'illustration (S.D/L'Essor).

Vigipirate : mouvement de grogne chez les CRS

Les effectifs de trois compagnies de CRS se sont mis collectivement en arrêt maladie afin de manifester leur grogne contre les effets du plan Vigipirate qui les “épuise”, a-t-on appris mardi de sources syndicales policières.

Depuis la semaine dernière et mardi, trois compagnies de CRS (80 policiers par compagnie) sont concernées par ce mouvement. Ce n’est pas une première chez ces spécialistes du maintien de l’ordre et c’est un moyen, déjà utilisé dans le passé, de manifester leur mécontentement. Cela a d’abord concerné la CRS de Toulouse vendredi puis, mardi, celles de Lyon et Nancy qui devaient venir en renfort pour Vigipirate en région parisienne.

Selon Nicolas Comte, responsable d’Unité police SGP-FO (second syndicat de gardiens de la paix et de CRS), il y a un “ras-le-bol” chez les CRS sur “l’emploi très tendu des effectifs” en raison de Vigipirate. Ils se disent “épuisés”, selon lui, et “inquiets sur les possibilités de tenir à long et moyen terme à ce rythme”.

“Il faut donner des signaux, ouvrir des négociations”, a demandé le syndicaliste, ce qui a été commencé la semaine dernière selon lui. “On a tapé sur les repos et la formation, les CRS n’en peuvent plus”, a assuré M. Comte. Les niveaux actuels du plan Vigipirate, “alerte attentats” pour l’Ile-de-France et les Alpes-Maritimes et “vigilance renforcée” pour le reste de la France, ont déjà été prolongés jusqu’au 10 avril et le seront pour “plusieurs mois”, avait-on appris de source gouvernementale début mars.

Depuis les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher, 10.500 militaires protègent 830 “sites sensibles” en France dont 310, principalement juifs, en Ile-de-France. Un millier de CRS en moyenne sont mobilisés chaque jour, selon les sources syndicales. Cette mobilisation sans précédent, qui entraîne aussi d’importants surcoûts budgétaires, menaçait toutefois d’épuiser les effectifs soumis à rude épreuve, avaient indiqué plusieurs sources lors de cette annonce gouvernementale.

La Direction générale de la police nationale (DGPN) n’était pas en mesure de réagir peu avant 11H00 mardi.

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