samedi 19 septembre 2020
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En avril dernier, les gendarmes du Val d'Oise, renforcés par des motocyclistes de la Garde républicaine, avaient mené des opérations contre les rodéos motorisés. (Photo: Facebook GGD95)
En avril dernier, les gendarmes du Val d'Oise, renforcés par des motocyclistes de la Garde républicaine, avaient mené des opérations contre les rodéos motorisés. (Photo: Facebook GGD95)

Vers un nouveau plan d’actions contre les rodéos motorisés

Au cours d’un déplacement dans le XVIIe arrondissement de Paris, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a annoncé ce lundi 25 mai avoir confié à deux députées une mission visant à l’élaboration d’un nouveau plan d’actions contre les rodéos motorisés.

Quelques jours après un important rodéo urbain au nord de Paris, Christophe Castaner s’est rendu à la caserne Bessières, dans le nord de Paris. L’endroit abrite notamment la brigade anticriminalité parisienne de nuit (Bac 75-N). On y trouve aussi la compagnie de sécurisation et d’intervention (CSI) de la capitale. Deux unités de Police particulièrement exposées et mobilisées face à ces rodéos sur lesquels elles interviennent régulièrement.

Des faits auxquels sont également de plus en plus confrontés les gendarmes, comme le montrent des exemples récents dans la Marne, l’Eure ou encore le Rhône. Mais on peut également ajouter à cette longue liste le Val d’Oise. En avril, les gendarmes, appuyés par les motocyclistes de la Garde républicaine, ont ainsi mené des opérations anti-rodéos. Bilan: plusieurs interpellations et des saisies des véhicules. “Le dispositif mis en place sera reconduit jusqu’à ce que ces activités interdites ne nuisent plus”, avertissent-ils. Il pourrait d’ailleurs faire des émules dans d’autres départements.

Nouveau plan d’actions contre les rodéos

Lors de son discours, le ministre a reconnu les difficultés liées à ce type d’intervention pour les forces de l’ordre. Il a ensuite affirmé vouloir accentuer les saisies des véhicules utilisés en s’appuyant “davantage sur le renseignement et l’enquête judiciaire”. “En confisquant les motos, quads et scooters des délinquants, nous les privons de leur capacité à nuire et à se mettre eux-mêmes en danger”. Il souhaite également “impliquer plus et mieux les polices municipales” et œuvrer plus étroitement avec la Justice. Enfin, il envisage aussi de s’appuyer sur les collectivités et les associations pour effectuer un travail de prévention.

“2018 et 2019 ont été des années d’appropriation de la nouvelle loi. Des années où les forces de l’ordre ont pu mieux sanctionner, mieux sévir, mieux agir. L’heure est arrivée de mettre en place un nouveau plan d’actions, plus ambitieux encore, plus global contre les rodéos urbains.”

Ce sont sans doute quelques-uns des objectifs de la mission de réflexion sur la lutte contre les rodéos que le ministre a confié à deux députées. Elle sera portée par Catherine Osson, députée du Nord, et Natalia Pozzyreff, députée des Yvelines. L’objectif est “de renforcer l’ensemble du dispositif, de voir les forces et les faiblesses et si l’on doit réorienter nos services”, précise Christophe Castaner.

Au vu de leurs récents résultats, les dispositifs déployés par les gendarmes vont certainement inspirer les parlementaires. Les travaux des députées semblent d’ailleurs déjà engagés. À l’issue de leur rencontre avec les policiers, une réunion sur le sujet des rodéos s’est tenue, en présence du préfet de police de Paris et des directeurs généraux de la Police et de la Gendarmerie.

Premier bilan du renforcement des sanctions

Il y a bientôt trois ans, la lutte contre les rodéos motorisés avait déjà connu un durcissement. La loi du 3 août 2018, dont Natalia Pozzyreff avait d’ailleurs été le rapporteur, prévoyait ainsi un renforcement des sanctions, en passant d’un à deux ans de prison et de 15.000 à 30.000 euros d’amende. Une peine pouvant même aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende. Il faut pour cela que l’infraction soit aggravée par exemple par un état alcoolique ou la prise de produits stupéfiants.

Lire aussi: Sécurité routière: Le Sénat adopte la loi visant à sanctionner les rodéos motorisés

Depuis août 2018, plus de 39.000 interventions et près de 3.600 infractions ont été constatées. Sur la période de confinement, le nombre d’interventions est d’ailleurs en hausse de plus de 15%. Une tendance, souligne le ministre, qui ne correspond toutefois pas nécessairement à une augmentation globale des faits. D’après lui, les rodéos seraient devenus plus importants, réunissant davantage de participants et multipliant les infractions. Des faits entraînants logiquement un nombre plus important d’interventions des forces de l’ordre.

L.P.

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