jeudi 21 novembre 2019
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Le site internet de Me Samia Maktouf (Capture d'écran).
Le site internet de Me Samia Maktouf (Capture d'écran).

Une avocate de victimes du 13 novembre piratée par son prestataire informatique

Info L’Essor – Pour forcer la main à une avocate en vue, Me Samia Maktouf, un webdesigner a vandalisé son site internet le 13 novembre 2018. L’informaticien, business angel dans la blockchain, souhaitait lui vendre un contrat de maintenance.

Frustré de ne pas avoir de réponse de sa cliente, l’avocate Samia Maktouf, Andrea R., avait mis hors-jeu le site internet de la juriste en accédant frauduleusement au système de traitement automatisé des données. L’informaticien de 29 ans a été condamné ce lundi 9 septembre à deux mois de prison avec sursis pour cet acte de cybervandalisme. Une peine plus légère que celle demandée, six mois avec sursis, par le parquet.

Le prévenu désormais business angel

A la barre de la douzième chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris, Andrea R. affiche un visage contrit. Jean bleu foncé sur chemise bleu clair, l’informaticien autodidacte jouait gros. A côté de ses lucratives activités de webdesigner, il est devenu un business angel dans la blockchain. Selon plusieurs interviews publiées dans la presse, il s’est investi dans le fonds d’investissement Starchain Capital. Il quittera l’audience en évitant le pire. L’inscription de la peine au casier judiciaire, écartée, aurait pu le mettre en difficulté dans cette activité.

Il y a près d’un an, l’affaire avait pourtant suscité l’émoi de la justice parisienne. Le plantage du site internet de Me Maktouf, conseil de victimes du 13 novembre 2015, trois ans jour pour jour après les attentats, laissait craindre une intimidation liée à ce dossier. La justice envisage alors de saisir les services anti-terroristes, la DGSI. Ce sera finalement la brigade d’enquêtes sur les fraudes aux technologies de l’information (Befti) de la préfecture de police de Paris qui travaillera sur cette affaire de cybercriminalité.

Lire aussi sur L’Essor: Le piratage informatique, l’affaire aussi des gendarmes

Le piratage commis le 13 novembre, “c’était vraiment le pur hasard”, assure aujourd’hui Andrea R. “Je ne connaissais pas les activités de Me Maktouf, ajoute-t-il. J’ai plusieurs clients, je ne prends pas le temps de regarder le contenu des sites que j’édite.” Le tribunal peine à croire le jeune homme. “Vous n’êtes pas curieux”, observe le président Rouaud. “Cela confine à l’imbécillité”, ajoute la juge assesseur Jehiel, qui dirige les débats pour cette affaire.

Une attaque simple

Ce 13 novembre 2018, il ne suffit que de quelques clics à l’informaticien pour mettre en rade le site internet de Me Maktouf. L’attaque est très simple. Ayant travaillé sur la conception du site interne, le jeune homme connaît ses codes d’accès. Ces derniers n’ont pas été modifiés par le cabinet. “Je change le nom d’un répertoire sur le site, se souvient le jeune homme. Je pensais qu’ils s’en rendraient compte et qu’ils feraient une modification, très simple”, pour rétablir le site. Moins geek que l’informaticien, le cabinet mettra pourtant plusieurs jours à rétablir la barre.

Un comportant malvenu, avant tout guidé par la cupidité, note la substitut Brousse. Andrea R. espérait en effet rafler un contrat de maintenance d’une valeur de… 30 euros par mois. Ce piratage, “c’était pour interpeller” l’avocate franco-tunisienne, explique maladroitement Andrea R. “J’avais l’impression de ne pas être considéré”, ajoute-t-il. Une frustration qui lui a sans doute coûté cher. Le prévenu a convenu avec Me Maktouf un arrangement financier. Le montant de l’indemnisation est resté confidentiel.

Gabriel Thierry

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