vendredi 25 septembre 2020
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A quelques mois de sa mise en service effective, un syndicat de police a de nouveau alerté mercredi sur les "ratés" de la plateforme nationale des interceptions judiciaires (PNIJ), conçue par Thalès, qui centralise l'ensemble des écoutes judiciaires.

Un syndicat de police épingle la plateforme des écoutes judiciaires

A quelques mois de sa mise en service effective, un syndicat de police a de nouveau alerté mercredi sur les “ratés” de la plateforme nationale des interceptions judiciaires (PNIJ), conçue par Thalès, qui centralise l’ensemble des écoutes judiciaires.

La PNIJ est actuellement en phase de “déploiement progressif”. “Chaque jour pour des policiers de terrain, il y a des pannes, des bugs qui se succèdent essentiellement pour ce qui concerne les écoutes”, a indiqué Christophe Rouget, porte-parole du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI-CFDT, majoritaire chez les officiers de police). Il fait état par exemple de SMS ou de numéros de téléphone qui n’apparaissent pas et ajoute que les enquêteurs ont recours aux anciens opérateurs pour pallier ces “ratés”.

Le syndicat est d’autant plus inquiet, dit-il, que la PNIJ deviendra obligatoire et opérationnelle au 1er janvier 2017 après que le Parlement a définitivement adopté, le 25 mai, le projet de loi de réforme pénale destiné à la lutte contre le crime organisé et le terrorisme. “On court à la catastrophe si les pannes, nombreuses, ne sont pas réglées d’ici là”, avertit Christophe Rouget. “Cela pose trop de problèmes d’enquête, c’est comme si on avait une voiture en panne qui ne sera pas réparée d’ici là”.

Selon lui – et confirmé de source policière – les deux directeurs de la Gendarmerie et de la Police ont récemment alerté officiellement sur des problèmes techniques à répétition rencontrés sur la PNIJ. Celle-ci avait interrompu son fonctionnement début mars à la suite d’un problème de cet ordre.

La Cour des comptes a par ailleurs épinglé le coût très élevé et les résultats insuffisants des écoutes judiciaires, dans un rapport rendu public fin avril. Dans sa réponse à la Cour, le Premier ministre, Manuel Valls, indiquait avoir lancé une mission d’inspection technique dont les conclusions lui seront remises le 1er octobre prochain.

Selon le Canard enchaîné de mercredi, Manuel Valls envisage de se séparer ce système mis en place et approuvé sous le gouvernement Sarkozy.

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