mercredi 30 septembre 2020
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Palais de justice
Illustration (MG/L'Essor).

Toulouse: l’ex-gendarme condamné à perpétuité pour meurtre

L’ex-gendarme Daniel Bedos a-t-il frappé à mort une “petite mamie” de 97 ans pour lui voler ses bijoux? Oui, ont tranché les assises qui l’ont condamné mercredi à Toulouse à la réclusion criminelle à perpétuité.

Depuis trois ans et demi et jusqu’à la dernière minute de son procès à Toulouse, M. Bedos, 57 ans, a clamé son innocence. “Je le jure devant Dieu et devant les hommes: le 18 août, je n’ai volé ni agressé personne”, a-t-il martelé avant que le jury ne se retire pour délibérer après trois jours de procès.

Trois heures plus tard, la cour a rendu son verdict: c’est bien M. Bedos qui, ce 18 août en début d’après-midi, est entré chez Suzanne Blanc à Toulouse, lui a fracassé le visage à coups de poing et a pris le temps de passer la maison au peigne fin, n’épargnant “pas même la tirelire”, tandis que la victime agonisait au sol. La vieille dame, découverte par son infirmière gisant dans le couloir, n’a succombé que le lendemain.

“Il s’agit de le châtier”

L’un des avocats de l’accusé, Me Édouard Martial, a annoncé qu’il allait “immédiatement faire appel”, d’autant que la cour est allée au-delà des réquisitions de l’avocat général qui avait requis 30 ans de réclusion. “Trente ans de réclusion, ce n’est pas le maximum, c’est le degré en dessous”, avait concédé Jean-Louis Bec, “mais il a 57 ans, et c’est presque une peine de prison perpétuelle pour lui”. Trente ans, c’est la “peine minimale pour le châtiment. Il ne s’agit pas de le réadapter, mais de le châtier”, avait renchéri le représentant de l’accusation.

L’accusé reconnaissait seulement avoir été en possession des bijoux. Selon lui, c’est une vague connaissance de bar, Jean-Claude Durandeu, 53 ans, qui lui avait cédé le lot de bijoux pour 170 euros, l’après-midi de l’agression.

Daniel Bedos, décrit par l’avocat général comme un “être pervers, narcissique, manipulateur, sans affect”, n’aurait pas désigné M. Durandeu par hasard. Selon l’accusation, M. Bedos connaissait le passé criminel de celui qui fréquentait le même PMU que lui.  Il a finalement été mis hors de cause et l’avocat général s’est attaché mercredi à démontrer une nouvelle fois l’impossibilité matérielle pour Durandeu, cette “épave”, d’avoir commis le crime.

Et de souligner comment l’accusé, fort de sa carrière de gendarme – officier de police judiciaire entre 1978 et 1992, avait “adapté ses déclarations en fonction de l’évolution de l’enquête, marché à pas comptés, avec précaution”, comme pendant les débats aux assises.

L’intime conviction des jurés

Me Georges Catala, l’avocat de la famille de la victime, avait insisté sur ce point mardi: qui d’autre est mieux à même qu’un ancien enquêteur pour fouiller une maison de fond en comble sans laisser d’empreinte génétique ou de trace de pas? Faute de preuve matérielle irréfutable, les jurés étaient appelés à se forger une intime conviction et à apprécier la crédibilité du témoignage décousu de l’ancienne compagne de l’accusé, qui a maintenu devant les assises avoir recueilli les aveux de Daniel Bedos.

Les avocats de la défense, Mes Alexandre Parra-Bruguière et Édouard Martial, ont tenté de vider de sa substance un réquisitoire “impressionniste” selon eux. “Des preuves objectives et des éléments matériels, vous n’en avez pas”, a plaidé Me Martial, avant de brandir le spectre de l’erreur judiciaire.

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