vendredi 25 septembre 2020
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Un gendarme mobile et un policier, le 18 mai 2016 à Paris, face aux opposants à la manifestation « contre la haine anti-flic » organisée par des syndicats policiers. Photo d'illustration (M.GL'Essor).
Illustration (MG/L'Essor).

 Suicides chez les forces de l’ordre : pas de nouvelles mesures

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Le ministère de l’Intérieur et les organisations représentatives des personnels sont convenus vendredi de poursuivre les efforts pour la prévention des suicides chez les forces de l’ordre qui ont connu un pic début novembre, sans pour autant dévoiler de nouvelles mesures.

Un nouveau point sur ce sujet sensible est prévu entre le ministre et les organisations d’ici à la fin du premier trimestre 2018, a indiqué l’Intérieur dans un communiqué.

Développer la vigilance collective, mieux prendre en compte les tentatives de suicide, s’assurer du maintien du contact avec les fonctionnaires et militaires éloignés du service ou encore améliorer les réponses dans l’urgence“: telles sont les pistes abordées lors de la réunion qui s’est déroulée place Beauvau, entre le ministre Gérard Collomb, les syndicats policiers et les représentants du conseil de la fonction militaire de la Gendarmerie nationale, détaille le communiqué.

M. Collomb a par ailleurs “insisté sur l’importance du management et sur les qualités des relations interpersonnelles qui doivent favoriser la cohésion des équipes quotidiennement confrontées à des situations complexes et violentes“. “Le ministre a redit qu’il n’était pas question de revenir sur le principe d’un armement hors service“, a précisé le directeur général de la police nationale (DGPN), Eric Morvan.

Cependant il faut pouvoir “discuter” de la question de l’arme, “dans un certain nombre de circonstances particulières et sans stigmatisation“, car c’est un “facteur facilitant“, a convenu le patron des policiers.

Le directeur général de la Gendarmerie nationale (DGGN) a pour sa part insisté sur l’impératif “d’écoute” des personnels de la part “du commandement, des chefs et aussi des représentants du personnel“, “pour capter tous les signaux faibles“.

Les syndicats ont salué “un bilan particulièrement objectif“, un “constat partagé” mais ont insisté sur la dégradation des conditions et la question du temps de travail des policiers. “C’est un des facteurs de l’aggravation des risques de suicides dans nos rangs“, a déclaré Yves Lefevbre, secrétaire général d’Unité qui a fait de la réforme des cycles de travail, et en particulier l’instauration d’un weekend travaillé sur deux, l’un des chevaux de bataille de son syndicat.

Nous pensons qu’il y a des questions fortes de management, de conditions de travail, d’horaires de travail, de vie au travail (…) Aujourd’hui il y a une situation qui se dégrade sur le terrain. Pas assez de prévention, pas assez de suivi des collègues en maladie, des cycles de travail compliqués…“, a souligné son homologue d’Alliance, Jean-Claude Delage.

Le ministère a dénombré 62 suicides parmi les forces de l’ordre depuis le début de l’année 2017: 46 chez les policiers et 16 chez les gendarmes, selon un bilan diffusé jeudi.

Après une décrue en 2015 et 2016, deux années marquées par une intense activité opérationnelle en raison de la menace terroriste, le nombre de suicides a connu une hausse cette année, sans toutefois atteindre les niveaux enregistrés avant la mise en oeuvre d’un plan de prévention décidé par Bernard Cazeneuve en 2015.

La moyenne des suicides dans la police sur les dix dernières années, s’établit à 43,2. Elle est de 25 chez les gendarmes.

Début novembre, les forces de l’ordre ont connu une semaine noire durant laquelle sept policiers et deux gendarmes ont mis fin à leurs jours, suscitant une vive émotion.

Avec AFP

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