jeudi 6 mai 2021
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Policiers et gendarmes, côtes à côtes lors d'une opération de maintien de l'ordre à Paris. (Photo: MG/L'Essor)
Policiers et gendarmes, côtes à côtes lors d'une opération de maintien de l'ordre à Paris. (Photo: MG/L'Essor)

Sondage exclusif Ifop pour L’Essor : l’image des policiers est écornée, celle des gendarmes préservée

Alors que le président de la République semble adopter la sémantique controversée de “violences policières” – les forces de sécurité préférant distinguer la violence illégale de celle qui ne l’est pas -, L’Essor a demandé à son partenaire historique, l’Ifop, d’actualiser son baromètre sur l’image comparée des gendarmes et des policiers.

C’est la 6e édition de ce baromètre. Sa dernière publication remonte à janvier 2017. Nous avons gardé les mêmes questions et la même méthodologie.

Lire aussi: Sondage exclusif Ifop / L’Essor : les gendarmes toujours en tête

Les gendarmes toujours devant les policiers

En décembre 2020, près de 9 Français sur 10 (85%) déclarent aujourd’hui avoir une bonne opinion des gendarmes, contre moins de 3 Français sur 4 (70%) pour les policiers.

Ces résultats d’apparence favorables aux forces de l’ordre sont toutefois à nuancer car en baisse depuis novembre 2016 (période déjà marquée par une vague de manifestations liée à la lutte contre la loi Travail). L’institution militaire perd 3 points de bonnes opinions en quatre ans tandis que la Police se voit confronter à une diminution de 10 points.

Une succession d’événements violents, largement médiatisées par le biais des réseaux sociaux, agit comme un catalyseur du ressentiment d’une partie de la population à l’égard des forces de l’ordre. Les Français semblent en effet plus durs dans leur vision des forces de l’ordre Seuls 17% des sondés disent avoir une “très bonne opinion” des gardiens de la paix. Soit une baisse de 8 points depuis novembre 2016.

Une baisse à nuancer

Cette baisse significative reste toutefois à nuancer car le score actuel s’inscrit dans l’étiage assez fluctuant mesuré au cours de la dernière décennie. En 2012, le taux de “très bonnes opinions” s’établissait à son score le plus bas de 9% pour atteindre 25% en décembre 2015, après une année marquée par le terrorisme djihadiste. L’étiage s’était, jusqu’à aujourd’hui, stabilisé à un Français sur quatre (25%). Les futures études diront si cette proportion retrouve ou non son niveau d’origine.

Lire aussi: Edito du n°453 (décembre 2012) : Les Français préfèrent les gendarmes aux policiers

En ce qui concerne les gendarmes, le niveau de “très bonne opinion” demeure élevé, s’établissant à 35% chez les Français. Un taux déjà observé en novembre 2016 et ne connaissant donc pas de fluctuation notable.

Génération et opinion politique comme marqueur

Dans les deux cas, un effet génération et un effet politique semblent se dégager. Assez classiquement, les jeunes de 18 à 24 ans sont 78% à avoir une bonne opinion des gendarmes contre 91% pour les 65 ans et plus. De même, les sympathisants de La France insoumise sont 73% à partager cette opinion contre 96% des sympathisants La République en marche.

Ce clivage politique est encore plus marqué vis-à-vis de l’institution policière. Seulement 48% des sympathisants du mouvement de Jean-Luc Mélenchon ont une bonne opinion des policiers, contre près de 9 sympathisants de La République en Marche sur 10 (88%, soit une différence de 40 points). On voit ici que le discours sur les violences policières trouve un écho manifeste dans l’électorat de la France insoumise, dont une partie adhère aussi sans doute à l’idée que la Police serait “aux ordres du pouvoir macronniste”. Vision que ne partage pas bien entendu les sympathisants LREM.

Pas d’effet attentats comme en 2016

La présence renforcée des policiers sur le terrain, mise en place à la suite des attentats de Conflans-Sainte-Honorine et de Nice en octobre 2020, ne s’est pas traduite par une plus grande proximité vis-à-vis de l’institution policière. En effet, seuls 12% des Français (une baisse significative de 4 points) considèrent que les policiers sont plus proches de la population que les gendarmes. Tandis qu’ils sont 30% à penser le contraire, soit une hausse de 2 points depuis novembre 2016.

L’honnêteté, l’efficacité et la motivation suivent la même tendance. Elles s’établissent respectivement pour les policiers à 3% (soit 2 points de moins), 5% (une diminution de 4 points) et 6% (correspondant à une baisse de 2 points). A ces baisses, répondent des hausses de proportion parfois significatives pour les gendarmes. Les Français sont 26% à penser que l’honnêteté et l’efficacité caractérisent plutôt ces derniers comparativement aux policiers (une hausse respective de 5 et 7 points).

Honnêteté, efficacité et motivation des policiers et gendarmes stables

Finalement, la motivation semble être elle-aussi une caractéristique davantage acquise à l’Institution militaire plutôt qu’à la Police, avec une hausse de 6 points depuis la dernière enquête, s’établissant donc aujourd’hui à 23%. Il est à noter toutefois que ces quatre qualificatifs (proximité, honnêteté, efficacité et motivation) restent majoritairement, aux yeux des Français, partagés autant par l’une que par l’autre institution.

Quatre années après la dernière enquête auprès des Français, cette vague de baromètre confirme la popularité des forces de l’ordre dans leur ensemble. Elles jouissent en effet d’une relative bonne image aux yeux de l’opinion publique.

Une image écornée par les “violences policières”

Cependant, les récents actes délictueux commis par certains policiers, la reconnaissance par le président Macron de l’existence de “violences policières” (expression toujours réfutée jusqu’alors) et les affrontements entre forces de l’ordre et le “Black bloc” quasi hebdomadairement depuis le mouvement des Gilets jaunes, viennent écorner l’image des policiers alors que celle des gendarmes semble préservée. 

Alain Dumait, directeur de L’Essor et Guillaume Declercq pour l’Ifop.

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3 Commentaires

  1. Le président de la république a voulu couper court à un dialogue de sourd sur la problématique du vocable ‘’violences policières’’ qui est devenu un concept d’agitation politique.
    Il a donc eu la faiblesse de reprendre ce vocable tout en exprimant sa vision des choses qui revient à différencier les violences légitimes de celles illégitimes selon l’écriture qui en est donnée par le Code Pénal.
    La légitimité de la violence résulte de la légalité de l’acte qui la conditionne. Or, malgré leur légalité le niveau de violences déployées a pu ou peut parfois être remise en cause, notamment lors de manifestations
    Tenons nous en au contenu de la Loi et laissons à la magistrature le soin de réprimer les faits répréhensibles et incontestablement établis.

  2. Eugène

    Quelle belle affaire….car bon dans la tête des con-citoyens Remi Fresse et Adama Traoré ont été aussi victime de violence policière…

    On doit dire quoi pour ces 2 cas? Des violences gendarmeriere ?

  3. Malik Saktini

    en general les gendarmes sont beaucoup mieux préparé et surtout mieux encadré qui ne laisse que très rarement la prise de decisions individuel, mais bon il y a eu des dérives de jeune cowboys mais sa reste assez marginal sauf chez les mobiles ou la je ne les soutiens pas du tout trop de comportement douteux. Par contre meme si la police national avec la protection de igpn ne veulent pas reconnaitre que la police a un grave problème de déontologie si ce problème n ai pas traité a la racine c est a dire une hiérarchie politisé défaillante donc corrompue ont va droits dans le mur et avec ce nouveau système que l on veux mettre en place du fichage cela pourra ce retourné contre n importe qui meme contre ceux qui fond les lois ou ceux qui les protèges.

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