samedi 31 octobre 2020
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Calvados le 5 juin 2014 5 Photo S.D./L'Essor).
Illustration (SD/L'Essor).

Soldats français accusés de viols d’enfants en Centrafrique : les juges ordonnent un non-lieu (version actualisée)

Les juges d’instruction ont ordonné un non-lieu dans l’enquête sur les accusations de viols en Centrafrique portées par des enfants contre des soldats français de l’opération Sangaris, en 2013-2014, faute d’avoir pu établir leur implication, a appris lundi l’AFP de sources concordantes.

Conformément aux réquisitions du parquet de Paris, les juges ont rendu jeudi un non-lieu dans ce dossier clos sans aucune mise en examen, selon une source judiciaire. Révélées en 2015, les accusations avaient terni la réputation de l’armée française déployée dans le pays pour restaurer la sécurité après des mois de violences interconfessionnelles.

Dans ses réquisitions, le parquet soulignait qu'”il ne peut être affirmé à l’issue de l’information qu’aucun abus sexuel n’a été commis“, mais il estimait que les incohérences matérielles et “la variation des témoignages ne (permettaient) pas d’établir des faits circonstanciés et étayés à l’encontre des militaires“, selon une source proche du dossier.

Lire aussi sur L’EssorViols en Centrafique par des soldats français : non lieu général requis par le parquet

L’affaire avait été révélée en avril 2015 par le quotidien britannique The Guardian qui avait fait état d’une note interne de l’ONU relatant les auditions de six garçons de 9 à 13 ans. Ils accusaient des militaires français d’avoir abusé d’eux, entre décembre 2013 et juin 2014, dans le camp de déplacés de l’aéroport M’Poko de Bangui, en échange de rations de nourriture.

Saisi par le ministère de la Défense, le parquet de Paris avait ouvert dès juillet 2014 une enquête préliminaire, mais cette dernière était restée secrète et ce silence avait été reproché aux autorités françaises ainsi qu’à l’ONU. Depuis, d’autres scandales ont éclaté concernant des contingents d’autres pays et les Nations unies ont souvent été critiquées pour leur manque de réactivité face au phénomène.

La force Sangaris de l’armée française a été déployée en 2013 en Centrafrique alors en proie au chaos après des violences entre rebelles musulmans, les Séléka, et miliciens chrétiens, les anti-balaka. Les accusations visaient une dizaine de militaires, dont plusieurs désignés comme pouvant être des agresseurs et qui ont été entendus, dont un en garde à vue.

Les enquêteurs de la gendarmerie prévôtale se sont rendus sur place en 2015 et 2016 pour entendre de nouveau les enfants. “Il est vraisemblable que nous allons faire appel pour ne pas donner le sentiment, à celles et ceux qui se sont battus dès le départ, que l’affaire est terminée et que nous renoncerions à identifier les auteurs des infractions et à établir les responsabilités et les culpabilités“, a déclaré à l’AFP Emmanuel Daoud, avocat de l’ONG Ecpat qui lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants.

Nous avons assisté depuis le début de l’enquête à la chronique d’un non-lieu annoncé“, a réagi Rodolphe Constantino, avocat d’une association partie civile, Enfance et Partage, qui a annoncé faire appel de la décision des juges.

Avec AFP

La gendarmerie prévôtale

La gendarmerie, sur décision du ministère de la Défense, met en place au sein des forces armées françaises stationnées à l’étranger ou engagées en opérations extérieures des détachements prévôtaux en charge de missions de police générale et de police judiciaire militaire. Actuellement, près de 70 militaires de la gendarmerie sont déployés pour l’exécution de ces missions prévôtales dans 13 pays différents.

Lire aussi sur le site du ministère de la Défense : la gendarmerie prévôtale 

 

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Un commentaire

  1. Tancrede

    Maintenant il faut poursuivre les journalistes et les politiques qui ont relayé et amplifié des soit disant informations. Quand aux organismes étrangers qui ont porté ces accusations, ils démontrent leur peu de fiabilité., et nous incitent à la plus grande méfiance.

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