jeudi 1 octobre 2020
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Simulation d’une crue majeure en Ile-de-France début mars

105 ans après la grande crue de 1910 qui a inondé Paris, un scénario similaire va survenir en Ile-de-France ! Enfin…inutile de céder à la panique, il s’agira pour l’heure d’un exercice de simulation de crue, prévu du 7 au 18 mars 2016, le premier d’une telle envergure.

1.500 militaires mobilisés

Baptisé «Sequana » (la Seine en latin), l’exercice réunira préfectures, collectivités territoriales, 1.500 militaires et 87 partenaires publics et privés sur sept sites : Paris, Valenton (Val-de-Marne), Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Limay et  Beynes (Yvelines), Genneviliers et Port (Hauts-de-Seine).

Le scénario est déjà écrit. Le Seine et la Marne montent à un rythme de 50 centimètres, puis de 1 mètre par jour. La crue atteint un pic au cours du week-end des 12 et 13 mars, la Seine dépasse alors la cote des 8 mètres à Paris-Austerlitz. Les conséquences sont lourdes : 1,5 million de personnes privées d’électricité, 140 km de métro inutilisables (soit plus de la moitié du réseau), plusieurs axes routiers inaccessibles et la majeure partie des ponts submergés ou fermés en raison de la force des courants.

Trois phases sont programmées par la préfecture de Police, organisatrice de l’événement. La première, du 7 au 13 mars, correspondra à une montée des eaux de la Seine. La deuxième phase, du 12 au 13 mars, sera consacrée à des démonstrations de terrain, avec le soutien de forces opérationnelles belges, espagnoles, tchèques et italiennes. Ces exercices seront accompagnés d’actions de communication à destination du grand public. Enfin, durant la troisième phase, du 15 au 18 mars, seront simulées les conditions de l’après-crise. Un jeu sur table sera organisé sur la décrue de la Seine, après le pic de crue, puis dans le cadre d’un retour à la normale.

Des exercices de gestion de crise répétés à l’année

Le scénario a été écrit par le département “risques et crises” de  l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ). Cet institut propose d’ailleurs, à l’année, une série de formations de gestion de crise pour les acteurs publics et privés, s’appuyant notamment sur des exercices de mise en situation. Le département “risques et crises” réalise par ailleurs des recherches pour améliorer son dispositif. Ainsi, il vient d’exposer les résultats de son étude intitulée « ORPHE » sur l’analyse des processus de décision et des comportements humains en cellule de crise. Le fruit d’un travail de  quatre ans de recherche, pour mieux coordonner les services travaillant au cœur d’une cellule de crise.

Dans la liste des menaces qui pèsent sur la capitale, le risque d’inondation est en bonne place. Au delà de l’exercice de gestion de crise, «Sequana » sera donc également l’occasion pour l’Etat d’alerter la presse et de sensibiliser les populations à une éventuelle crue en Ile-de-France. Une vraie crue coûterait jusqu’à 30 milliards d’euros de dommages directs pour la région, selon l’OCDE.

Nathalie DELEAU

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