lundi 18 janvier 2021
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Illustration (Ph: M.GUYOT/ESSOR)
Illustration (Ph: M.GUYOT/ESSOR)

S’estimant victime de discrimination, harcèlement et racisme de la part de son supérieur, un gendarme porte plainte

Une enquête préliminaire pour harcèlement moral, discrimination et injures à caractère raciste a été ouverte par le parquet de Grasse. Elle vise l’ancien commandant de la brigade motorisée de Grasse, par ailleurs sanctionné par sa hiérarchie après la plainte interne déposée en juillet dernier par son adjoint d’origine martiniquaise.

Selon le texte communiqué à l’AFP par la Gendarmerie, un “tel comportement” est en effet “incompatible avec les devoirs d’un gradé de la Gendarmerie nationale“. La victime de 32 ans est arrivée le 1er janvier 2018 à Grasse. Elle aurait depuis, enduré brimades et discriminations racistes de la part de son chef rapporte Le Parisien.

Des problèmes relationnels qui dégénèrent

Les problèmes relationnels entre les deux hommes étaient remontés à la hiérarchie. Tout d’abord via la chaîne de concertation de l’Arme. “L’adjoint avait été reçu à trois reprises dont une fois par moi, témoigne le colonel Nasser Boualam, patron des gendarmes des Alpes-Maritimes, dans les colonnes de Nice-MatinA aucun moment il n’avait évoqué des propos discriminatoires ou racistes. A l’époque, les deux militaires avaient chacun reçu un avertissement“.

Mais en février dernier, la situation se détériore encore entre les deux hommes. L’adjoint se plaint des propos racistes de son supérieur. Une affirmation appuyée par des témoignages d’autres gendarmes de la brigade à la teneur identique. Ne souhaitant pas déposer plainte à l’époque, la victime saisit “stop-discri”, la plateforme de signalements des discriminations. A la suite de quoi, l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) déclenche une enquête interne. Laquelle démontre que l’adjudant-chef a bien adopté “une attitude pesante et dégradante à l’endroit de certains subordonnés et tenu des propos dévalorisants à l’endroit de certaines personnes”.

Lire aussi: Comment la Gendarmerie lutte contre les discriminations

Discrimination et propos racistes: la justice saisie

Outre son adjoint antillais, ces “propos à caractère discriminatoires” semblaient également tenus régulièrement envers d’autres personnes – principalement nord-africaines et ultramarines. Le 10 septembre, une “lourde sanction” tombe alors à l’encontre du sous-officier supérieur. Il écope de 30 jours d’arrêt. Une sanction qui constitue un gros frein dans la carrière d’un militaire. En outre, le parquet de Grasse se saisi à son tour de l’affaire après une plainte déposée selon Le Parisien par l’ancien adjoint motocycliste. Entre temps, ce dernier a bénéficié –à sa demande– d’une mutation aux Antilles.

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2 Commentaires

  1. cathala

    Il est très important que ces genres de faits soient éradiqués rapidement et le plus tôt possible, il est normal que justice soit faite et soit rendue. Mais ce que je trouve anormal c’est que ce genre de fait pour une elite comme la gendarmerie, soit diffusée publiquement et se devrait être traitée en interne. Il ne faut pas s’étonner que les médias s’en délectent . La gendarmerie est encore pour ce qu’il en reste une grande armée dite la grande muette, et il faut qu’elle le reste. Il est triste de voir ce genre de fait divulguée au grand public. Ne nous étonnons pas qu’après la Police, la gendarmerie perdent de la crédibilité aux yeux des populations.

  2. Tout particulièrement bien informé, le Parisien a publié un article sur des faits attribués à un gendarme de Grasse. Une primeur, car les médias locaux n’ont pu que reprendre l’information après vérifications auprès des parties intéressées : gendarmerie, parquet, barreau.
    Il apparaît alors l’absence de volonté de la victime d’une publicité sur son affaire ! Le journaliste aurait il été la victime d’un effet de bande de boule de billard ?
    Car, le lendemain avec un autre confrère, il publie dans le même média un autre article relatif à un trafic de voitures volées mettant en cause un policier qui retirait les véhicules du fichier des véhicules volés afin de permettre leur vente.
    Prudence, ou volonté délibérée, le contenu de ce second article n’offre lui aucun élément de nature à pouvoir identifier le délinquant présumé. On reste donc sur sa faim !
    En tout cas un affichage maladroit d’une potentielle ostentation à l’égard de la police parisienne après les faits du 17ème arrondissement, traduite par un traitement différencié de faits judiciaires, autant qu’un respect à géométrie variable de la présomption d’innocence.
    En cette période de contestation de l’article 24, doit on être conduit à relever que la plume peut être plus dangereuse qu’une vidéo dénonçant une action policière sur un réseau social ?
    En tout cas, on doit donc regretter que le gendarme continue a être présenté comme la seule victime expiatoire de Guignol.

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