dimanche 27 septembre 2020
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Justice (Photo Matthieu GUYOT/Essor)
(Photo/MG/Essor).

Policier municipal jugé pour violences lors d’une interpellation : six mois avec sursis requis

Six mois de prison avec sursis ont été requis lundi soir contre un policier municipal de Drancy (Seine-Saint-Denis) accusé d’avoir violenté avec sa matraque un homme de 27 ans lors d’une interpellation mouvementée en 2015.

Le procureur de la 14e chambre du tribunal correctionnel de Bobigny, devant laquelle le prévenu répondait de “violences volontaires aggravées”, a aussi requis une interdiction professionnelle d’un an à son encontre.

Le fonctionnaire de 33 ans était poursuivi pour avoir exercé des violences sur un homme que son équipage avait interpellé plus tôt dans la soirée du 29 octobre en état d’ébriété, en voulant notamment le forcer à monter dans un véhicule garé dans le cour du commissariat de Drancy. Pour l’y contraindre, une matraque télescopique a été utilisée, selon le récit de la victime et le certificat médical établi cette nuit-là, attestant d’une “pénétration”. Geste intentionnel ou conséquence d’un coup violent porté alors que la victime se rebellait? En début d’audience, l’avocate de la victime Marie-Cécile Nathan a été déboutée de sa demande de voir les faits requalifiés en viol.

“Quid de la présence de sang et d’ADN sur le bâton ?”

Le procureur Loïc Pageot a admis les “violences policières indéniables”. Toutefois, il a écarté cette requalification compte tenu du caractère superficiel de la plaie, estimant que le geste avait peut-être une “connotation sexuelle” mais ne revêtait pas pour autant un “caractère sexuel”. “Le but était de faire céder” la victime, de “faire pression” sur elle pour la faire monter dans le véhicule, a-t-il estimé.

Décision le 20 février

Confronté aux déclarations de la victime, qui a redit à la barre avoir “crié” et “pleuré” de douleur, ainsi qu’aux preuves matérielles, le prévenu a exprimé tout au long de l’audience son incompréhension. Quid de la présence de sang et d’ADN sur le bâton ? “Je ne me l’explique pas”, “je n’en ai aucune idée”, s’est défendu le fonctionnaire. “C’est l’opération du Saint-Esprit?”, a ironisé l’avocate de la victime, qui a accusé les trois policiers initialement mis en cause de s’être concertés pour “couvrir ce qui s’est réellement passé”.

Plus d’un an après les faits, la victime a perdu son emploi compte tenu des conséquences tant physiques que psychiques de ce traumatisme, a assuré son avocate.

Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 20 février.

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