vendredi 23 octobre 2020
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Retour du mariage homosexuel à l’Assemblée : les opposants accentuent la pression

Les opposants au mariage homosexuel, dont plusieurs dizaines ont été interpellés, placés en garde à vue pendant le week-end, puis relâchés lundi après-midi, veulent multiplier les opérations sauvages cette semaine et au moins jusqu’au vote solennel du projet de loi à l’Assemblée prévu le 23 avril. Après le vote du texte au Sénat vendredi et l’accélération du calendrier parlementaire annoncée dans la foulée, les militants ont multiplié leurs actions.

Soixante-sept opposants placés en garde à vue après avoir été interpellés vers 01H00, dans la nuit de dimanche à lundi, devant l’Assemblée nationale, où ils s’apprêtaient à installer des tentes, ont tous été remis en liberté lundi après-midi. Ces manifestants de l’organisation Camping pour tous, qui est proche du Printemps français, un mouvement radical adepte des actions coups de poing, sont entendus pour “non dispersion après sommation”, passible d’un an d’emprisonnement et 15.000 euros d’amende.

Ils voulaient dénoncer l’agression violente samedi à l’aube à Paris d’un jeune militant UMP, connu pour son engagement contre le mariage homosexuel. La Police affirme que l’agression n’a aucun lien avec ses activités militantes. Jusqu’ici, seules les échauffourées qui avaient opposé forces de l’ordre à manifestants près des Champs-Elysées le 24 mars, à la fin d’un grand rassemblement national, avaient donné lieu à une dizaine de gardes à vue. La porte-parole du Printemps français, Béatrice Bourges, s’est dite “scandalisée par ces gardes à vue de jeunes qui sont juste un peu sortis des clous”, dénonçant “un abus de droit” du gouvernement.

Cette décision souligne la volonté de fermeté du gouvernement, après des opérations spectaculaires menées ces derniers jours par les opposants. Samedi, certains ont poursuivi la journaliste pro-mariage homosexuel Caroline Fourest, perturbant à Nantes un débat qu’elle animait, bloquant son TGV et l’attendant à son retour à Paris, où 27 d’entre eux avaient été interpellés.

Bruyants mais non-violents

Dimanche, 56 autres ont été arrêtés aux abords du Sénat et 19 autres près de la Salle Pleyel à Paris, où le ministre de l’Intérieur Manuel Valls assistait à un concert. D’autres sont allés crier sous les fenêtres d’une ministre et d’un député favorable au projet à Bordeaux et à Nantes. Frigide Barjot, tête de file des opposants, a reconnu que “c’est parti dans tous les sens ce week-end”. Son collectif La Manif pour tous a tenu dimanche une réunion avec la centaine de cadres du mouvement “pour tout recadrer” et rédiger “une charte”. “Les gens sont exaspérés. Nous appelons à des manifestations bruyantes mais non violentes”, a-t-elle ajouté, dénonçant à nouveau le “hold-up” du vote du Sénat.

“La vraie violence est du côté du gouvernement”

“Le gouvernement accélère, on accélère”, a-t-elle affirmé, en appelant à une série d’actions: des rassemblements à partir de mardi tous les soirs, près de l’Assemblée nationale, puis trois manifestations nationales (21 avril, 5 mai, en même temps que celle de Jean-Luc Mélenchon, et 26 mai). D’autres mouvances appellent à des “comités d’accueil” pour perturber les déplacements de ministres, auxquels ne se joint pas toujours la Manif pour tous. “On n’est pas forcément d’accord avec tout ce qui se fait, mais certains sont “surmobilisés parce qu’ils ont le sentiment d’avoir été profondément méprisés”, explique-t-on dans l’entourage de Frigide Barjot. “C’est sûr, il va y avoir pleins de trucs, souvent organisées au dernier moment”, confirme Béatrice Bourges. Sur Twitter, @huonsles invite à différents accueils de ministres: Cécile Duflot, Manuel Valls, Arnaud Montebourg ou Michel Sapin sont leurs prochaines cibles.

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