lundi 28 septembre 2020
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Un gendarme et un policier à l'entrée du ministère de l'Intérieur (MG/L'Essor).
Un gendarme et un policier à l'entrée du ministère de l'Intérieur (MG/L'Essor).

Renseignement intérieur: le gouvernement s’attaque aux filières jihadistes

La place Beauvau prépare le lifting du Renseignement alors que le gouvernement s’apprête à prendre des mesures pour freiner le départ de mineurs qui s’engagent pour aller combattre notamment en Syrie.

“Il y aura une communication” sur les questions de terrorisme “dans les prochains jours en Conseil des ministres”, a annoncé Bernard Cazeneuve lors d’une rencontre avec son homologue autrichienne. Cette communication interviendra en même temps que la mise en œuvre d’un grand lifting du Renseignement placé sous la coupe de l’Intérieur. Un chantier lancé il y a un an après les ratés dans l’affaire Merah.

Vers un rétablissement de l’autorisation de sortie du territoire

Ce Conseil des ministres sera “dédié” à la façon dont le gouvernement entend lutter contre les filières jihadistes en France, particulièrement vers la Syrie où des mineurs, de plus en plus nombreux, se rendent pour combattre. S’agissant des mineurs, “à destination de ce pays et d’autres”, il est question de rétablir l’obligation d’une autorisation de sortie du territoire national, récemment supprimée.

Le gouvernement entend aussi “engager des campagnes de sensibilisation en partenariat” avec les municipalités ou l’Éducation nationale et “créer des cellules à destination des familles concernées par des radicalisations”. “C’est un changement de doctrine”, font valoir les sources, et les services de Renseignement “sont appelés à suivre le mouvement, sans faiblir sur le répressif”.

Des moyens et une autonomie considérables

La Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), fusion des Renseignements généraux (RG) et de la DST (contre-espionnage) sous le gouvernement Sarkozy, devient une direction générale (DGSI) en mai, un peu à l’image de la puissante direction générale de la sécurité extérieure (DGSE).

La DGSI quitte le giron de la direction de la Police pour ne dépendre que du ministre de l’Intérieur et lutter, comme elle le fait depuis sa création, contre le terrorisme ou l’intelligence économique. Avec des moyens et une autonomie considérables: recrutement de 430 analystes, interprètes, informaticiens ou chercheurs sur cinq ans s’ajoutant aux quelque 3.200 fonctionnaires de police actuels, avec un budget propre. Les textes de décret sont prêts. Ce devait être effectif début mai.

Policiers et gendarmes appelés à travailler ensemble

Pareil pour le renseignement dit de proximité jusqu’à présent traité par la Sous-direction de l’information générale (SDIG), née elle aussi de la réforme de 2008 et qui a accueilli une partie des ex-RG.

Parent pauvre du Renseignement, face au mastodonte DCRI, elle se transforme, en mai également,  en Service central du renseignement territorial (SCRT) pour surveiller les mouvements sociaux, dérives sectaires, violences urbaines et mouvements ultras à droite et à gauche, ces derniers relevant plutôt de la DCRI.

Ces “RG new look”, selon l’expression d’un policier, sont dirigés par un policier secondé d’un gendarme, les deux forces étant appelées à travailler ensemble. C’est là que le bât blesse: là où il est envisagé de mettre des gendarmes dans des antennes du SRCT, les puissants syndicats de police ont déjà créé une intersyndicale comme à Narbonne et bientôt à Montbéliard.

Ils se plaignent du “poids grandissant des gendarmes”. Pas morte la guerre Police/Gendarmerie…

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