mardi 20 octobre 2020
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Relaxe des policiers accusés par un détenu de violences dans un tribunal

Le tribunal correctionnel de Pontoise a relaxé vendredi quatre policiers et un surveillant de prison assignés par un détenu qui les accusait de l’avoir frappé fin janvier dans l’enceinte du tribunal.

Ce détenu, poursuivi par les policiers, a pour sa part été reconnu coupable de rébellion, violences et outrage dans cette même affaire. Agé de 29 ans et actuellement écroué pour meurtre, il a été condamné à un an de prison et devra verser des dommages et intérêts.

Le procureur avait requis 18 mois de prison à son encontre. “Les certificats médicaux et la localisation des blessures” du détenu “laissent penser” qu’il a bien été victime d’un acte “excédant la force strictement nécessaire”, mais “ni la procédure, ni les débats” ne permettent de “déterminer qui a donné les coups”, a expliqué le tribunal pour motiver la relaxe.

“Le tribunal pose le principe de violences volontaires, mais on relaxe les policiers parce qu’on n’a pas identifié qui a commis les violences. C’est complètement aberrant”, a réagi Me Jérôme Crépin, l’avocat du détenu, qui a annoncé qu’il ferait appel. Son client a raconté lors de l’audience avoir été passé à tabac le 25 janvier, à la sortie du cabinet d’un juge des libertés et de la détention qui venait de lui signifier la prolongation de sa détention.

“Un policier avait un pied sur mon visage et l’écrasait au sol”, a-t-il dit, ajoutant avoir ensuite été amené dans un ascenseur où il aurait reçu des coups de genou à la tête. “J’ai été jeté dans une cellule comme un sac poubelle. L’un des policiers m’a tenu la tête et l’autre m’a donné des coups de pied”, a-t-il affirmé, précisant qu’un policier lui aurait craché dessus. Son avocat a présenté au tribunal un certificat médical, réalisé trois jours après les faits, faisant notamment état d’une “ecchymose à l’œil” et de blessures aux deux tympans. “Quand mon associée l’a vu le jour même, il avait la tête défoncée. Il s’est fait maraver”, a assuré Me Crépin.

Les policiers, qui sont intervenus à la demande du juge, ont raconté avoir été confrontés à un homme “complètement incontrôlable, très énervé, très agressif”, qui leur aurait donné des coups de pied. Un des policiers s’est vu délivrer une interruption totale de travail (ITT) de six jours, et un autre d’une journée. “On est soulagé par cette décision. Malheureusement, c’est assez régulier que nos collègues soient obligés de venir se justifier devant la justice”, a indiqué Ludovic Collignon, secrétaire départemental du syndicat Alliance.

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