lundi 18 janvier 2021
Accueil / Société / Recenser les blessés et tués lors d’interventions policières : l’IGPN étend son expérimentation
Illustration (SD/L'Essor).

Recenser les blessés et tués lors d’interventions policières : l’IGPN étend son expérimentation

Le nouvel outil statistique de l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) pour comptabiliser les personnes blessées ou tuées lors d’intervention policière, qui a déjà été testé dans deux départements en 2017, est désormais expérimenté sur l’ensemble du territoire.

Il ne s’agit pas de comptabiliser les bavures policières”, a insisté vendredi Bertrand Michelin, numéro 2 de l’IGPN. “C’est un recensement totalement déconnecté de l’appréciation de la légitimité ou l’illégitimité de l’usage de la force” par les policiers, a-t-il expliqué. L’outil statistique, qui a d’abord été testé dans les Yvelines et la Gironde, recense le nombre de personnes tuées ou blessées par la Police “aussi bien lors d’opérations de maintien de l’ordre, que lors d’un contrôle d’identité qui dégénère, lors d’une crise en garde à vue, etc“, selon Bertrand Michelin. “Les blessures causées par un policier hors service, mais qui intervient sur un délit, seront aussi comptabilisées“, a-t-il ajouté.

Lire aussi sur L’EssorL’IGPN va comptabiliser les personnes blessées ou tuées par la Police

Pour que les blessés soient pris en compte, il faudra qu’il y ait eu un dépôt de plainte ou une ouverture d’enquête judiciaire et une interruption totale de travail (ITT) supérieure à huit jours. “Dans une Police démocratique, il faut connaître ce genre de chiffres“, avait assuré à la presse en septembre Marie-France Monéger-Guyomarc’h, la patronne de l’IGPN, en évoquant ce projet.

Pour affiner les données, il faut encore un “suivi” des victimes, car “les blessures peuvent évoluer“. L’IGPN attend à ce sujet un accord de la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés), car cela sous-entend de “désanonymiser” les données.

L’outil pourra ainsi donner le nombre de blessés et de tués lors d’interventions de police, mais aussi “des indications sur les circonstances dans lesquelles telle ou telle personne a été blessée“, a poursuivi Bertrand Michelin : “Est-ce qu’il s’agissait d’un contrôle d’identité, d’une manifestation, d’une perquisition…? Était-ce avec une arme à feu, une matraque, un pistolet à impulsion?“.

Nous pourrons notamment ainsi adapter nos doctrines d’emploi” (règles d’usage), a souligné le numéro 2 de l’IGPN. L’IGPN espère une mise en place effective en 2018. Quant aux fonctionnaires de police blessés ou tués, ils sont déjà comptabilisés par les autorités.

AFP

Crowdfunding campaign banner

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Gratuit : la newsletter de "l'Essor"!

Recevez chaque semaine notre newsletter " Rue Bleue " :  articles inédits, veille sur la presse et infos pratiques

Votre inscription est réussie ! Pensez à confirmer cette inscription dans le mail que vous allez recevoir. Merci.