jeudi 29 octobre 2020
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Justice (Photo Matthieu GUYOT/Essor)
(Photo/MG/Essor).

Procès d’une évasion : le policier qui a tiré se sentait “menacé”

L’un des policiers ayant interpellé les deux auteurs de la spectaculaire évasion à l’explosif de Moulins en 2009 a expliqué, mardi devant les assises du Rhône, qu’il avait tiré sur Christophe Khider, le blessant grièvement, parce qu’il se sentait “menacé”. Son collègue et lui avaient été appelés en renfort, le 17 février vers 4H00 du matin, alors que Christophe Khider et Omar Top El Hadj au volant d’une voiture volée, prenaient la fuite sur l’A86 en direction de Créteil, provoquant un accrochage avec une autre voiture de Police.

“J’ai vu le bras de Khider sortant par la fenêtre” de la voiture “tendu vers moi avec une arme de poing. Il me vise, je vois son visage qui se crispe et je tire quatre cartouches dans sa direction”, a témoigné Matthieu Grandjean, qui venait juste avant “d’immobiliser au sol” Omar Top, sorti de lui-même du véhicule volé. “On était tous deux menacés”, a renchéri son collègue Bruno Gonzalez. “Il vous a menacé et vous avez tiré, mais lui ne vous a pas tiré dessus et n’avait pas l’intention de tuer”, a assuré son avocat Me Bernard Ripert, selon lequel son client, qui avait été grièvement blessé au thorax “était en train de sortir du véhicule”. “Bien sûr, j’ai tendu mon bras, j’étais en train de sortir, je pouvais pas poser mon arme, j’étais armé, je l’ai menacé, il a tiré c’est normal”, a déclaré de son côté Khider, dont le chef de tentative d’homicide volontaire sur le policier a été requalifié en “violence avec arme”.

A l’avocate générale qui lui a demandé s’il comptait se rendre ou s’échapper il a répondu: “bien sûr! je sortais pour partir, pour essayer de fuir à pied!”. Le 15 février 2009, les deux hommes s’étaient évadés de la centrale de Moulins lors d’un parloir-famille en prenant en otage deux surveillants et après avoir fait sauter à l’explosif deux portes blindées. “Ils ont eu de la chance qu’il y ait eu un faux plafond” dans le parloir “car ça a diminué les effets des ondes de choc”, a témoigné mardi à la barre le démineur Louis Marc Bardy expliquant que “le souffle sur la vitre blindée a poussé les murs, c’était quand même assez violent”. “Il y a eu une mise en danger assez importante (…) dès qu’on dépasse 500 grammes d’explosif ça fait beaucoup de dégâts, si on prend un éclat c’est la mort assurée”, a-t-il dit. “Il ne pouvait rien se passer, tout le monde était très éloigné”, a rétorqué Khider, ajoutant narquois: “la première fois que j’ai manipulé des explosifs et un fusil d’assaut, c’est en prison”.

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