samedi 28 novembre 2020
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Justice (Photo Matthieu GUYOT/Essor)
(Photo/MG/Essor).

Procès de Michel Neyret: “je me suis laissé manipuler”, avance l’ancien policier

L’ancien numéro 2 de la PJ de Lyon, Michel Neyret, jugé en correctionnelle à Paris pour “corruption” a expliqué mardi avoir été “manipulé” par l’un de ses informateurs, Gilles Benichou.

Gilles Benichou, inscrit comme informateur de 1999 à 2000, avait été “blacklisté” par son agent traitant, en raison de son manque de fiabilité et de ses motivations “sans rapport avec l’intérêt du service”. En relation avec son frère Albert, Michel Neyret s’est rapproché en 2010 de Gilles Benichou, qu’il considérait à la fois comme un ami et un informateur, même s’il ne l’a pas enregistré au bureau central des sources, qui répertorie les indicateurs de police car, a-t-il expliqué à l’audience, il ne demandait pas de rétribution pour ses services. “Cela se faisait à l’amitié”, a-t-il fait valoir.

C’est par une conversation captée en février 2011 par la police entre Gilles Benichou et un suspect dans un dossier de drogue que le nom de Michel Neyret était apparu pour la première fois dans ce dossier de corruption. Gilles Benichou assurait à son interlocuteur qu’il pouvait lui venir en aide grâce à un ponte de la police, “un joker” qui “ne peut rien (lui) refuser”. Son nom: Michel Neyret.

Au centre du dossier, Gilles Benichou a également joué les intermédiaires entre Neyret et les autres prévenus membres présumés du milieu lyonnais, Stéphane Alzraa et Cyril Astruc, soupçonnés d’avoir constitué “un pacte de corruption” pour obtenir des informations et avantages du policier.

“Un manque de professionnalisme”

Interrogé à l’audience sur le passé de Gilles Benichou, l’ancien patron de l’antigang de Lyon a expliqué qu’il ne connaissait pas tout, et qu’il pensait “maîtriser de meilleure manière” la relation avec cet indic. “L’histoire a montré que je me suis trompé. Je me suis un peu laissé manipuler par cette personne, c’est dur à admettre de ma part. Je pensais maîtriser une situation qui m’a échappé, je n’ai pas fait preuve de la prudence nécessaire”, a lâché Michel Neyret.

“Pourtant, j’appliquais un schéma que j’avais déjà mis en oeuvre avec d’autres informateurs”, a-t-il dit. “Gilles Benichou utilisait un peu trop mon nom, ça aurait dû être une alerte pour moi. C’est vrai que cela a été de ma part un manque de professionnalisme”, a concédé l’ex-commissaire.

“Je reconnais que j’ai été victime d’une certaine manipulation. M. Benichou est un homme fantasque, hâbleur, manipulateur. Il voulait jouer l’homme important et il mettait en avant notre relation pour se donner de l’importance, dire qu’il était protégé par Michel Neyret. Je regrette qu’il ne soit pas présent à l’audience pour raconter notre relation”, a-t-il glissé.

Renvoyé en correctionnelle pour “corruption et trafic d’influence actifs de personne dépositaire de l’autorité publique”, Gilles Benichou ne s’est pas présenté lundi à l’audience. Son cousin Stéphane Alzraa, renvoyé pour les mêmes charges, est également en fuite.

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