vendredi 26 avril 2019
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Prix de la prévention: les « copains vigilants » récompensés

Le Prix de la prévention de la Gendarmerie 2017 a été décerné jeudi 8 juin à la caserne Tournon à Paris. 31 projets avaient été soumis au jury pour la troisième édition de ce prix qui concerne des initiatives de terrain.

Trois projets ont été récompensés lors d’une  cérémonie en présence du Directeur général de la Gendarmerie (DGGN), le général d’armée Richard Lizurey, du chef du Sirpa, le général de division Philippe Guimbert et du sous-directeur Sécurité publique et sécurité routière, le général de brigade Thierry Cayet, également membre du jury.

Des élèves engagés

Le premier prix a été décerné à un dispositif porté par le maréchal des logis-chef  Christophe Olivier, de la brigade de prévention de la délinquance juvénile (BPDJ) de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes).

Le nom de son projet, « Copains vigilants », rappelle celui des « voisins vigilants », répandus dans les communes. Le principe s’en rapproche. Il consiste en effet à donner à une partie de la population les clés pour déceler certains problèmes de sécurité.

Pour « Copains vigilants », cela se concrétise par une sensibilisation initiale des élèves de collège. Cela  qui les encadrent, enseignants ou non, aux phénomènes de harcèlement et de violences scolaires. Dans un second temps, les militaires de la BPDJ proposent aux élèves volontaires de s’engager pour lutter contre ce phénomène.

Ils ont plusieurs outils pour venir en aide à leurs camarades, qui vont de la simple sensibilisation de l’élève victime jusqu’au signalement aux gendarmes de la BPDJ.

Pas de délation

« Ils nous signalent qu’un élève est en difficulté. Il ne s’agit pas de leur demander de dénoncer ceux qui lui causent du tort », précise le major Laurent Buonaccorsi, commandant la BPDJ 06. En effet, pour convaincre les équipes éducatives de l’intérêt de ce projet, il a fallu donner des garanties sur le sujet sensible de la délation. Le message est bien passé, à en juger par l’enthousiasme de Florence Gauthier, la principale du collège Yves Klein à La-Colle-sur-Loup, où l’expérience a eu lieu.

L’approche de « copains vigilants » est « positive car ils n’accusent pas. Ils identifient des difficultés  sans dénonciation », a estimé le DGGN lors de  la remise du prix.

Le dispositif s’est porté sur des collégiens car leur âge les rend plus réceptifs. « En primaire, on peut traiter les problèmes autrement et au lycée, ce n’est plus adapté. Les collégiens sont sensibles à cette question de l’empathie », détaille le major Buonaccorsi.

Pour le porteur du projet, une grande partie du mérite de cette innovation revient aux enfants eux-mêmes. « Avec la BPDJ  j’ai découvert que l’on n’avait pas grand chose à faire pour les mettre avec nous », explique le maréchal des logis-chef Olivier.

Population vulnérable

L’idée de « Copains vigilants » lui est venue car il n’acceptait pas « les chiffres alarmants des adolescents qui se suicidaient parce qu’ils étaient victimes de harcèlement ». Comme l’a expliqué le DGGN, « ce projet concerne ce que notre société construit le mieux, c’est à dire les enfants ». Pour cette « population vulnérable », ce dispositif rappelle que « vivre en société c’est faire attention à l’autre », conclut le général Lizurey. Le 1er prix est doté d’une somme de 3000 euros (2000 € et 1000€ pour les autres finalistes). Avec cette somme versée par la gendarmerie, la BPDJ entend continuer à développer et faire connaitre ce dispositif. La médiatisation qui en a déjà été faite leur a d’ailleurs déjà valu de nombreux appels. Ceux-ci provenaient, d’une part d’établissements scolaires souhaitant en faire partie, et d’autre part d’unités de prévention de la Gendarmerie ou de la Police souhaitant s’en inspirer.

« Violences faites aux femmes: quelles réponses? »

L'adjudante Rachel Thirion de la BPDJ de Rouen, avec les deux réalisateurs et la comédienne (à droite) qui ont travaillé avec elle sur des courts métrages de prévention des violences intra familiales. (M. GUYOT/ESSOR)
L’adjudante Rachel Thirion de la BPDJ de Rouen, avec les deux réalisateurs et la comédienne (à droite) qui ont travaillé avec elle sur des courts métrages de prévention des violences intra familiales. (M. GUYOT/ESSOR)

Le deuxième prix a été décerné à la BPDJ de Rouen pour son initiative intitulée « Violences faites aux femmes: quelles réponses? ». Porté par l’adjudante Rachel Thirion, il a consisté à réaliser trois courts métrages de prévention sur les violences intrafamiliales. Support de formation pour les  unités de la Gendarmerie et les acteurs médico-sociaux et judiciaires ces films ont été diffusés auprès du public à travers divers relais.

« Salon du deux roues et de la sécurité routière à Château-Gontier »

Le gendarme Michel Rouault, de la BMO de Château-Gontier (Mayenne), avec le directeur général de la Gendarmerie, le général d’armée Richard Lizurey (à gauche) (M. GUYOT/ESSOR)

Le troisième prix est allé au « Salon du deux roues et de la sécurité routière à Château-Gontier » organisé par la brigade motorisée de la commune de Mayenne. Le gendarme Michel Rouault a reçu le prix pour ce projet de sensibilisation aux risques destinés aux pilotes de deux roues, mais aussi à leurs proches.

Des professionnels, des représentants des pouvoirs publics, des associations et des accidentés de la route étaient présents pour délivrer ce message.

Matthieu GUYOT

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