dimanche 27 septembre 2020
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essor procès policier meurtre Marseille
(Photo illustration SD/ Essor)

Policiers grimés en Noirs lors d’une soirée : le Défenseur des droits demande des sanctions

Le Défenseur des droits Jacques Toubon a recommandé que des sanctions disciplinaires soient prises contre cinq policiers que des photos postées sur internet en 2014 montraient grimés en Noirs lors d’une soirée privée, a-t-on appris mardi auprès de ses services.

Le Défenseur “recommande l’engagement de poursuites disciplinaires” à l’encontre des cinq policiers “pour avoir manqué gravement à leur devoir d’exemplarité” et “manqué de discernement” en “publiant sur les réseaux sociaux des photographies à caractère raciste“, selon cette décision.

Les faits remontent à juin 2014, lors d’une soirée au cours de laquelle ces policiers du commissariat du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), en civil et hors service, s’étaient grimés en Noirs avant de diffuser les photos sur le réseau Facebook. Des associations s’étaient alors indignées de cette “soirée Blackface“, un terme désignant les caricatures théâtrales de Noirs.

Le Conseil représentatif des associations noires de France (Cran), rappelant les “postures simiesques” et les “bananes à la main” des protagonistes, s’est félicité mardi de voir que “le Défenseur des droits reconnaît que ces policiers ont commis un acte raciste“.

A l’époque, l’avocat de l’une des mis en cause, Me Abraham Johnson, avait balayé ces accusations, assurant que “tout cela est un jeu, certes ce n’est pas très glorieux mais ce n’est en aucun cas du racisme“. Le Cran a, par ailleurs, relevé que “le Défenseur des droits reconnaît de fait que le blackface est une pratique raciste“. “Tous ceux qui se griment de la sorte en se retranchant derrière l’art ou l’humour le sauront désormais“, a souligné dans un communiqué Louis-Georges Tin, président du Cran qui “se chargera de poursuivre tous ceux qui s’y adonnent“.

Une enquête préliminaire pour “incitation à la haine raciale” avait été ouverte en 2014 mais “le parquet, se fondant sur l’enquête de l’IGPN (Inspection générale de la police nationale, NDLR), avait classé l’affaire sans suite“, a rappelé le Cran.

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