samedi 26 septembre 2020
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Le palais de justice de Caen (Illustration S.D/L'Essor).
Le palais de justice de Caen (Illustration S.D/L'Essor).

Policier blessé dans un braquage à Saint-Ouen : 12 ans de prison pour deux complices

Après avoir braqué un entrepôt de bijoux en Seine-Saint-Denis, leur complice avait grièvement blessé un policier avant d’être abattu: deux hommes de 26 et 31 ans ont été condamnés jeudi à Bobigny par les assises à 12 ans de réclusion.

Une peine de 18 ans avait été requise contre Mourad Elbeya, qui était au volant de l’utilitaire et avait escorté le tireur, un récidiviste fugitif, au petit matin du 5 octobre 2015 entre l’Ile-Saint-Denis et Saint-Ouen.

Seize ans de prison avait été demandés contre Hakim Soukni, sous-traitant de l’entrepôt de bijoux. Accusé d’être “la taupe” des malfaiteurs, il était connu pour des “faits liés à l’islamisme radical” selon les enquêteurs.

L’avocat général avait aussi réclamé pour les deux hommes, accusés notamment de “vol en bande organisée avec arme“, une période de sûreté des deux tiers.

Les policiers attendent de vous que vous leur disiez +nous ne sommes pas des gibiers+“, avait-il intimé à la cour.

Nous avions été choqués par les réquisitions, donc le premier sentiment est la satisfaction“, a réagi Xavier Nogueras, l’avocat d’Hakim Soukni, à l’issue du procès. “Mais 12 ans pour de tels faits, c’est encore très élevé. C’est symptomatique d’un ambiance générale, avec la sphère terroriste qui plane“.

Le 5 octobre 2015, pris en chasse par les policiers, les deux braqueurs ne s’étaient arrêtés qu’immobilisés par un barrage de police, après 10 minutes de course-poursuite en pleine circulation. Le passager, un récidiviste en fuite fiché “S“, était alors sorti de son véhicule et avait tiré sur un agent de la Brigade anticriminalité (BAC) de Saint-Denis, le blessant de deux balles à la joue et au crâne.

Miraculé, ce dernier, aujourd’hui âgé de 38 ans, avait passé plusieurs semaines dans le coma. A la barre, il a raconté le “choc” des balles qui pénètrent dans la tête, les “troubles de mémoire” et les séquelles à vie.

Pour Stéphane Lacoste, du syndicat de policiers Alliance, “douze ans, c’est une peine non négligeable.” “Maintenant, reste juste à espérer qu’elle soit réellement accomplie. Qu’on ne se retrouve pas, comme il y a deux ans, avec un individu dans la nature. Et qu’on ne revive pas ce qu’il s’est passé il y a deux ans“, a-t-il ajouté.

Le tireur, touché par des tirs de riposte, était mort peu après à l’hôpital. Il n’était pas rentré en prison depuis une permission accordée cinq mois plus tôt.

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