mardi 27 octobre 2020
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Sukhoï 25 de fabrication soviétique du même type que les Sukhoï 25 utilisés lors du bombardement de Bouaké en 2004 (photo d'illustration : FB Mig and Sukhoi)
Sukhoï 25 de fabrication soviétique du même type que les Sukhoï 25 utilisés lors du bombardement de Bouaké en 2004 (photo d'illustration : FB Mig and Sukhoi)

Militaires français tués lors du bombardement de Bouaké : la justice veut juger aux assises trois pilotes

Quatorze ans après le bombardement meurtrier du camp militaire français de Bouaké en Côte d’Ivoire, la justice française vient de demander un procès aux assises pour trois pilotes accusés d’avoir participé à l’opération.

Neuf militaires français, ainsi qu’un civil américain, avaient été tués le 6 novembre 2004 lors du bombardement du camp de la force Licorne par deux Sukhoï 25, en version biplace, des forces loyalistes ivoiriennes, pilotés par des mercenaires biélorusses et des miliaires ivoiriens.

Le parquet de Paris a demandé le renvoi devant la cour d’assises de Yury Sushkin, un mercenaire biélorusse, et de Patrice Ouei et de Ange Magloire Ganduillet Attualy, deux officiers ivoiriens, pour “assassinats, tentatives d’assassinats et destructions de biens”.

Ces trois hommes font l’objet d’un mandat d’arrêt mais il est peu probable qu’ils soient un jour présents devant le box des accusés de la cour d’assises de Paris. Il revient de toute façon à la juge d’instruction Sabine Kheris de décider de leur renvoi en cour d’assises.

Des militaires français de la force Licorne avaient immédiatement riposté sur l’aéroport d’Abidjan en détruisant au missile Milan les deux Sukhoï 25 et la quasi-totalité de l’aviation ivoirienne. Ces représailles avaient provoqué de violentes manifestations anti-françaises dans la capitale ivoirienne.

Les pilotes identifiés immédiatement

Les pilotes ivoiriens et biélorusses, qui avaient participé au bombardement, avaient été très rapidement identifiés, dès leur retour de Bouaké, par les services de renseignements français.

Sur l’aéroport d’Abidjan, une dizaine de mécaniciens biélorusses avaient été arrêtés par des soldats de Licorne, puis relâchés rapidement à la demande de Paris.

Huit jours plus tard, huit mercenaires biélorusses, dont deux des pilotes du raid sur Bouaké, qui avaient pu s’exfiltrer d’Abidjan, avaient été arrêtés au Togo par les autorités locales et mis à la disposition de la France.

Ni Michèle Alliot-Marie (défense), ni Dominique de Villepin (Intérieur), ni Michel Barnier (Affaires étrangères) n’étaient intervenus à l’époque pour demander que ces huit mercenaires soient remis à la France. Ils avaient été ensuite relâchés par les autorités togolaises, sans avoir été interrogés, faute de mandats d’arrêt émis à temps.

Dossier interminable

Ce dossier interminable a d’abord été instruit par Florence Michon, juge d’instruction au Tribunal aux armées de Paris, chargée de l’information judiciaire ouverte pour “assassinats, tentatives d’assassinats, destructions”. Il a ensuite été repris par d’autres magistrats, le dernier en date étant la juge Sabine Kheris du TGI de Paris.
Ce dossier a par ailleurs fait l’objet de dix-neuf avis – entre septembre 2005 et avril 2017 – de la Commission du secret de la défense nationale (CSDN). La grande majorité de ces avis ont été favorables à la levée du secret défense sur des documents de la Direction du renseignement militaire (DRM) ou de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE)

PMG.

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Un commentaire

  1. niout

    Il y a une évidente omettra des gouvernants qui ne veulent pas “offenser” un pays. Cette attitude est une complicité de non dénonciation d’un crime et une complicité d’aide pour soustraire les auteurs à la Justice.
    La raison d’état se moque bien des décisions de la justice n’a aucune humanité et sacrifie volontiers ses enfants sur l’hôtel de l’intérêt et du profit.

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