L'Essor

Nordahl Lelandais: l’expertise psychiatrique qui interroge sur le mobile du rapt de la petite Maëlys

Nordhal Lelandais est accusé du meurtre de la petite Maëlys (Photo : Creative Commons)

Nordahl Lelandais a-t-il violé la petite Maëlys avant de la tuer? L’autopsie n’a pas permis de confirmer une telle hypothèse, le corps de la victime ayant été découvert trop tard. Mais le doute persiste et hante les proches de la fillette assassiné le 26 août 2017.

Devant le juge d’instruction, un codétenu de Lelandais avait affirmé que le tueur présumé lui avait raconté “avoir tenté de violer Maëlys à l’arrière de sa voiture”. Des propos que l’ancien militaire de 37 ans a par la suite formellement contesté avoir tenu. L’homme a ainsi échappé à la mise en examen pour viol. Dans son réquisitoire définitif, rendu le 18 mars 2021, le parquet de Grenoble a en effet demandé son renvoi devant la cour d’assises pour les seuls motifs de “meurtre précédé d’enlèvement et de séquestration“.

Le monstrueux portrait de Nordhal Lelandais révélé par l’analyse psychiatrique

Le contenu d’une expertise psychiatrique révélé par Le Parisien mercredi 31 mars, dessine pourtant un portrait monstrueux du présumé responsable de la mort de Maëlys, 8 ans, et qui sera jugé pour celle du caporal Arthur Noyer, 23 ans, le 3 mai 2021. Sept psychiatres et trois psychologues aboutissent ainsi à une conclusion unanime quant au profil de l’ex-militaire mis également en examen pour des agressions sexuelles commises sur deux petites cousines mineures juste avant la mort de Maëlys.

Lelandais est “un sex-addict (…) en recherche addictive d’expériences nouvelles, majoritairement hétérosexuelles mais aussi homosexuelles, de domination/soumission et sans doute pédophiles”. Les experts insistent par ailleurs sur son “état dangereux au sens psychiatrique”. Lelandais a en effet “fait le choix d’un enfant inconnu” en enlevant Maëlys lors d’un mariage en Isère.  

“Le sexe a une part prépondérante dans tous les actes de Lelandais”, décrypte Me Yves Crespin, avocat des associations L’Enfant bleu et La Voix de l’enfant, cité par nos confrères. “La notion de violence sexuelle permet sans doute d’expliquer pourquoi il a embarqué Maëlys dans sa voiture cette nuit-là. Et peut-être aussi pourquoi elle a été tuée.” 

L’une de ses ex-compagnes avait d’ailleurs livré de glaçantes confidences aux gendarmes, notamment sur son addiction aux sites pédopornographiques. Un penchant obsessionnel pour la pornographie juvénile mis en évidence par l’historique de ses navigations sur le web. Sur Instagram, l’ancien maître-chien était aussi abonné à des comptes publiant des photos de jeunes femmes, d’adolescentes, voire “d’enfants prépubères” dans des “poses suggestives” ou “en tenues légères“.

Des éléments qui interrogent sur le mobile du rapt

Autant d’éléments qui interrogent sur le mobile du rapt de Maëlys. Lors de son dernier interrogatoire le 6 octobre 2020, Nordahl Lelandais n’a pas nié ses penchants face aux enquêteurs. Mais il les a relativisé, comme pour contrer l’avis des experts. “Je n’ai pas une attirance pour les petites filles, mais j’ai eu des passages d’attirance. Ce n’est pas quelque chose qui m’obsède”.

Lire aussi: Les glaçantes ramifications de l’affaire Nordahl Lelandais (infographie)

Le contexte d’attirance sexuelle pour les petites filles, le diagnostic de pédophilie relevé par les experts psychiatres, la consultation répétée de sites pédopornographiques, ses passages à l’acte sur ses petites cousines […] permettent d’envisager que les faits ont pu se dérouler concomitamment à des infractions sexuelles à l’encontre de Maëlys”, avait d’ailleurs conclu l’accusation lors du réquisitoire. Sans pour autant convaincre le juge d’instruction de mettre le suspect en examen pour viol.

Exit mobile version