L'Essor

Myriam Sakhri: l’information judiciaire pour “harcèlement” et “homicide involontaire” relancée

Le dossier Myriam Sakhri a été rouvert.(Photo: famille Sakhri)

Dix ans après les faits, la cour d’appel de Lyon a décidé de rouvrir le dossier de Myriam Sakhri.

“La justice fait droit à notre requête et rouvre l’information judiciaire” a immédiatement réagi sur Twitter Me Brengarth, l’un des avocats de la famille de cette gendarme retrouvée morte le 24 septembre 2011, une balle dans le ventre et son arme de service à ses pieds.

De nouvelles attestations de témoins transmises à la justice

De fait, les proches de la défunte, décédée à 32 ans dans son logement de fonction de la caserne Delfosse à Lyon, n’ont jamais cru à la thèse officielle du suicide pour raisons personnelles. En novembre dernier, ils avaient transmis à la justice de nouvelles attestations de témoins éclairant l’affaire d’un jour nouveau. Le 26 janvier, le parquet général avait ainsi requis devant la chambre de l’instruction la réouverture d’une information judiciaire pour “harcèlement” et “homicide involontaire”.

Myriam Sakhri, qui se plaignait d’être harcelée par des collègues et sa hiérarchie, devait comparaître devant un tribunal pour deux affaires liées à l’exercice de sa profession. D’où la thèse du suicide pour raisons personnelle. Une enquête interne avait par ailleurs mis en évidence des relations pour le moins exécrables avec certains de ses collègues du Centre d’opérations et de renseignements (Corg), service chargé de répondre aux appels du public. Lesquels reprochaient à la gendarme de traîner volontairement les pieds pour essayer de se faire muter dans un autre service.

L’enquête initiale sur Myriam Sakhri pointée du doigt

Malgré un mot retrouvé à ses côtés désignant le colonel qui commandait à l’époque la gendarmerie du Rhône –“Merci à G. le connard!”-, l’affaire avait d’abord été classé sans suite. L’information judiciaire ouverte en 2012 après une plainte de la famille avait débouché sur un non-lieu en 2013. Non-lieu confirmé en appel en 2014 puis par la Cour de cassation en 2015.  

Lire aussi: Myriam Sakhri: le parquet général requiert la réouverture du dossier

En recueillant de nouvelles attestations de témoins transmis à la justice en novembre dernier, les proches de la défunte espéraient donc une reprise de l’instruction. D’après Le Monde, ces témoignages mettent en effet en évidence la réalité du harcèlement raciste dont se plaignait la militaire. Ils dénoncent également de graves carences dans la conduite de l’enquête initiale menée par l’Inspection générale de la gendarmerie nationale. Le rôle du colonel G., devenu général de brigade depuis cette affaire, étant particulièrement pointé du doigt.

Exit mobile version