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jeudi 6 mai 2021
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Le dossier Myriam Sakhri pourrait être réouvert dès demain (Photo: famille Sakhri).
Le dossier Myriam Sakhri pourrait être réouvert dès demain (Photo: famille Sakhri).

Myriam Sakhri : le dossier réouvert ?

Le dossier de Myriam Sakhri va-t-il être réouvert ? La décision sera prise demain, mardi 26 janvier, par la Cour d’appel de Lyon. Une décision très attendue par la famille qui n’a jamais accepté la thèse officielle autour du décès de cette gendarme de 32 ans dont l’enquête a conclu à un suicide pour “raisons personnelles”

Affectée au Centre d’opérations et de renseignements de la gendarmerie (Corg) du Rhône, la jeune sous-officière d’origine algérienne se disait la proie du harcèlement de ses collègues. Dans un courrier à l’Adefdromil, elle se plaignait en particulier d’“injures racistes” et d’“humiliations”. Laquelle association de défense des droits des militaire lui avait conseillé de rassembler des témoignages afin de porter plainte.

Myriam Sakhri retrouvée morte dans son logement de fonction

Elle n’en aura pas la possibilité. Le 24 septembre 2011, elle est retrouvée morte dans son logement de la caserne Delfosse de Lyon. Selon les conclusions de l’enquête, elle s’est suicidée d’une balle dans la poitrine. Son arme de service gît à ses pieds.

Mais selon les proches de la défunte, plusieurs éléments jettent le trouble. D’abord le mot qu’elle a laissé sur la table de son logement. Il désigne son supérieur hiérarchique à l’époque : “Merci à G. le connard !“. Ensuite la douille et les lunettes d’homme sans propriétaire connu découvertes dans son appartement en désordre.

Une enquête pour harcèlement et discrimination sera néanmoins classée sans suite le 9 mars 2012 et la thèse du suicide, retenue. La plainte déposée par la famille quelques mois plus tard, le 14 juin 2012, connaitra le même sort. Le 31 octobre 2013, le juge d’instruction rend un non-lieu. Non-lieu confirmé en appel le 29 juillet 2014, puis par la Cour de cassation le 21 octobre 2015.

Pour la justice, elle aurait semé la pagaille au sein du Corg

Dans ses conclusions, la justice affirme que les lunettes retrouvées sur les lieux s’expliquent par les “nombreux visiteurs” qui fréquentaient le logement de la gendarme. La douille provient quant à elle des tirs de vérification sonore effectués par les enquêteurs. Il n’y pas lieu non plus de parler de harcèlement. Au contraire, c’est la gendarme qui, déçue de ne pas être mutée sur le terrain comme elle le souhaitait, aurait semé la pagaille au sein du Corg. Accumulant les congés maladie, elle refusait de travailler la nuit. Une attitude qui l’aurait effectivement exposé à des invectives de ses collègues. Certains d’entre eux l’auraient ainsi traité de “feignasse”. Mais jamais aucuns propos racistes n’auraient été prononcés.

Selon les magistrats, Myriam Sakhri s’est suicidée par ce qu’elle venait d’apprendre sa prochaine comparution en correctionnelle pour des faits dénoncés en interne. Le tout, dans “un contexte de forte alcoolisation”.

Lire aussi: Les proches de la gendarme Myriam Sakhri espèrent relancer l’enquête sur sa mort

Neuf ans après son décès, ses proches n’ont pourtant toujours pas renoncé à faire reconnaître leur version des faits. Ils auraient ainsi recueillis des témoignages inédits qui “mettent en évidence les faits de harcèlement” et “les conditions très contestables” de l’enquête initiale. Selon Sud Ouest, un de ses anciens collègues affirme que les questions étaient “orientées pour porter préjudice à Myriam” et qu’il y avait répondu “sous pression”.

Nous nous étions fait l’écho de ces nouveaux éléments qui ont conduit le parquet général à requérir, le 18 décembre 2020, la reprise de l’information judiciaire pour “harcèlement” et “homicide involontaire”. Seront-ils suffisant pour convaincre la Cour d’appel de Lyon?

Lire aussi: Mort de la gendarme Myriam Sakhri à Lyon : vers une nouvelle enquête ?

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3 Commentaires

  1. Samiez

    Je doute qu’il s’agisse d’un article de l’essor, très orient à charge, contenant des fautes et des aberrations (une arme qui gît).

    • Alain Dumait

      Je vous confirme qu’une chose peut “gésir”…

  2. palombe

    Bonsoir,

    La chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Lyon rendra sa décision le 30 mars 2021.

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