jeudi 1 octobre 2020
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Ministère de l'Intérieur, place Beauvau, Paris. (Photo d'illustration M.G L'Essor).
Ministère de l'Intérieur, place Beauvau, Paris (Illustration/MG/L'Essor).

Ministère de l’Intérieur : l’action sociale épinglée par la Cour des Comptes

Organisation “inutilement complexe”, “anomalies”, “efficacité contestable”: la Cour des comptes épingle mercredi l’action sociale au ministère de l’Intérieur mais réserve ses plus féroces critiques à l’ex-direction de l’Anas.

Destinée à améliorer les conditions de vie des agents, “dans les domaines de la restauration, du logement, de l’enfance, des loisirs” ou pour les “aider à faire face à des situations difficiles”, l’organisation de l’action sociale s’appuie sur plusieurs services administratifs mais aussi un “grand nombre d’organismes extérieurs”, à l’instar de la fondation Louis Lépine, de la Maison de la Gendarmerie ou de l’Association des oeuvres sociales de la police (Anas) qui concentre les griefs.

Au moins 111 millions d’euros de dépenses en 2014

Selon les calculs de la Cour, l’ensemble des dépenses d’action sociale du ministère a pu être évalué en 2014 “à un minimum de 111 millions d’euros”, en additionnant les prestations versées directement, le coût du personnel de soutien et le montant des subventions aux organismes partenaires.

Dans le viseur des magistrats financiers: la politique “des mises à disposition injustifiées de locaux, de matériels et de personnels” ou les “inégalités dans la délivrance des prestations” sociales tant au niveau géographique, qu’au niveau des personnels.

Le rapport de la Cour des comptes fait écho à un précédent document rédigé en 2015 par l’Inspection générale de l’administration (IGA) contenant déjà, une série de préconisations pour réformer l’action sociale qui bénéficie à quelque 860.000 personnes dont les retraités. Si les magistrats de la rue Cambon prennent acte des mesures entreprises par le ministère de l’Intérieur pour renforcer le contrôle sur ces partenaires, notamment depuis 2015, ils invitent Beauvau à une “révision d’ensemble de la politique suivie” et à “exercer pleinement son rôle de tutelle”.

Dans son rapport, la Cour des comptes épingle tout particulièrement la gestion, jusqu’en 2015, de l’Anas – dont l’ex-président, “Jo” Masanet, une figure du syndicalisme policier, a été mis en examen dans l’affaire des fuites du “36”, en février 2015.

L’Anas est “un exemple de dérive particulièrement grave”, relève la Cour qui prend soin d’isoler le cas de cette association en charge notamment, de centres et de colonies de vacances ou d’un restaurant administratif à Joinvil0le (Val-de-Marne). Procédure de recrutement “particulièrement opaque”, mises à disposition “de complaisance”, train de vie “particulièrement dispendieux”, “avantages indus”, “dérive” des comptes, les magistrats dressent une liste “d’irrégularités” et rappellent qu’une procédure judiciaire a été ouverte à l’encontre des principaux dirigeants alors en place.

En mai 2015, l’ex-ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, avait appelé l’Anas à avoir une “gestion exemplaire” et à “s’assainir”.

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