dimanche 27 septembre 2020
Accueil / L'actualité Île-de-France / Migrants “harcelés” à Paris selon Médecins sans frontières : Bruno Le Roux défend les policiers
Photo d'illustration (L'Essor).

Migrants “harcelés” à Paris selon Médecins sans frontières : Bruno Le Roux défend les policiers

Le ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux a défendu dimanche le travail des policiers à Paris, accusés par Médecins sans frontières (MSF) de se livrer à du “harcèlement” et des “violences” contre les migrants se trouvant dans la rue.

“Il faut arrêter ce sport national de mise en cause des policiers”, a-t-il lancé lors du “Grand jury” RTL-LCI-Le Figaro. “Je ne partage absolument pas cette vision”, a-t-il poursuivi, alors que MSF a accusé samedi les policiers de disperser parfois les migrants à coup de
gaz lacrymogènes et de leur confisquer leurs couvertures, des “pratiques inacceptables” qui “mettent en danger” leur vie en plein hiver, selon l’ONG.


“Ce que font aujourd’hui les forces de police, c’est de la mise à l’abri de personnes qui sont vulnérables”, a répliqué le ministre. Le “travail” des policiers, “c’est de continuer à (le) faire, avec toute l’humanité qui est consubstantielle à (leur) responsabilité”, a-t-il insisté. “C’est vrai, quelquefois, il peut y avoir une forme de contrainte à mettre à l’abri quelqu’un”, a-t-il ajouté.

Dans un communiqué au ton virulent, MSF a dénoncé samedi “la systématisation des violences policières qui ciblent les centaines de migrants parisiens en errance dans la capitale”. Le centre parisien “de premier accueil” pour migrants a ouvert le 10 novembre. Plus de 2.200 hommes seuls y ont été hébergés depuis, pour une durée de cinq à dix jours, mais il affiche complet. L’État et la Ville de Paris ont promis 200 places supplémentaires. Les interventions de la police sont destinées à “éviter la reconstitution de
campements”, expliquait cette semaine une source policière.

“L’Europe ne peut pas être à la carte”

Le centre d’accueil a été créé précisément pour mettre fin au cycle qui a vu s’enchaîner l’installation et le démantèlement d’une trentaine de campements dans le nord de la capitale depuis l’an dernier. Bruno Le Roux a par ailleurs indiqué qu’il y avait eu “90.000” demandeurs d’asile en France en 2016, contre 80.000 l’année précédente.

Soulignant qu'”un certain nombre” proviennent de pays dont la situation n’ouvre pas droit à l’asile, notamment l’Albanie et Haïti, il a souhaité pour les personnes dans cette situation que leurs cas soient examinés rapidement en vue de possibles reconduites à la frontière “en toute dignité”.  Alors que l’Union européenne est confrontée à une pression migratoire inédite, le ministre a estimé qu’il y a “trop de pays, notamment d’anciens pays de l’Est, qui ne jouent pas leur rôle d’accueil”. “L’Europe ne peut pas être à la carte”, a-t-il lancé.

Interrogé sur des Français poursuivis récemment pour avoir aidé des migrants, il s’est dit “très fier” d’avoir voté en tant que député
l’abrogation du “délit de solidarité” en 2012.”Les parquets, quand ils poursuivent, le font avec des éléments (…) parfaitement mesurés et qui ne remettent pas en cause l’abrogation du délit de solidarité”, a-t-il assuré, expliquant faire “la différence” entre ceux qui agissent pour “aider” des migrants et ceux qui cherchent à en tirer “un bénéfice”.

Poursuivi pour avoir convoyé des Érythréennes venues d’Italie, un enseignant-chercheur du CNRS, Pierre-Alain Mannoni, a été relaxé vendredi par le tribunal correctionnel de Nice. Le parquet a fait appel.

Crowdfunding campaign banner

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *