vendredi 7 mai 2021
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Illustration (Ph:M.GUYOT/ESSOR)
Illustration (Ph:M.GUYOT/ESSOR)

Mayotte: procès du guet-apens ayant visé le numéro deux des gendarmes

Quatre ans après les faits, sept jeunes vont être jugés à partir de ce mercredi pour les violences commises à l’encontre de plusieurs gendarmes de Mayotte.

Âgés aujourd’hui de 19 à 26 ans, ils sont poursuivis pour des violences avec guet-apens ayant entraîné une incapacité totale de travail de plus de huit jours avec usage ou menace d’une arme sur une personne dépositaire de l’autorité publique. Le huitième mise en cause, âgé alors de 16 ans, sera lui jugé par le tribunal pour enfants statuant en matière criminelle.

Les faits reprochés à ces jeunes hommes sont particulièrement graves. Initialement, la justice avait d’ailleurs ouvert une enquête pour tentative d’homicide volontaire. Ce 14 mai 2017, il est tout juste passé minuit. Le colonel Olivier Pech (alors lieutenant-colonel), le numéro deux de la gendarmerie de Mayotte, a pris place dans un véhicule de patrouille. Une autre équipe les accompagne dans un seconde véhicule. Cela fait plusieurs jours que des bandes s’affrontent ici à Petite-Terre. Tout d’un coup, boulevard des Amoureux, un projectile touche gravement l’officier en plein visage, lui faisant perdre connaissance. Il sera hospitalisé au centre hospitalier de Mayotte au sein du service réanimation.

Lire aussi: Mayotte: un lieutenant-colonel en réanimation après avoir reçu un pavé au visage

Un bloc de béton

Le projectile? Selon la partie civile, il s’agit d’un imposant bloc de béton de plus d’un demi kilogramme. Après la pluie de pierres, le premier véhicule des gendarmes n’a plus de vitre arrière. Les pierres brisent également la vitre latérale du second. “C’est un miracle qu’il ait survécu”, explique à L’Essor son conseil Me Pauline Ragot. “Il ne doit sa survie qu’à la réactivité de son adjoint qui l’a immédiatement conduit à l’hôpital, poursuit l’avocate du cabinet Montbrial. Sa vie, celle de son épouse et ses deux enfants a été bouleversée depuis les faits”, avec plusieurs semaines d’hospitalisation, une opération de reconstruction faciale et une “convalescence fastidieuse”.

On en sait désormais un peu plus sur le déroulement sordide des faits ce soir-là. Selon l’enquête, confiée à la section de recherches de Pamandzi, les mis en cause auraient préparé un véritable guets-apens. Deux appels à la Gendarmerie signalent tout d’abord le viol d’une jeune femme dans un quartier de la commune. Un mis en cause siffle au passage des véhicules. Ses comparses bombardent aussitôt les deux voitures.

Loin de Mayotte, les gendarmes arrêtent l’un des mis en cause à Limoges

Selon un témoin entendu dans l’enquête, un chef de bande aurait déclaré quelques heures plus tôt: “nous, on laisse les gendarmes nous baiser, mails faut qu’on les baise aussi”. Au fil des interrogatoires, les enquêteurs réussissent à retracer les différentes présences. Avec un coup de main de la métropole. Les enquêteurs de la sections de recherches de Limoges mettront ainsi la main sur l’un des mis en cause. On le soupçonne d’être l’auteur du jet de bloc de béton.

“Les gendarmes attendent de ce procès une réponse pénale forte, prenant la mesure de l’extrême gravité des faits commis“, indique Me Ragot. Et que les auteurs, aussi jeunes soient-ils, réalisent les conséquences humaines dramatiques des actes qu’ils ont commis ce soir-là”. Ce sera l’un des enjeux du procès, qui risque d’être marqué par la loi du silence. Lors de la confrontation réalisée en mars 2019, la plupart des différents mis en cause s’étaient rétractés quant à la participation du chef de la bande.

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