samedi 31 octobre 2020
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Marseille : un gardien de la paix en garde à vue après la mort d’un jeune

Un gardien de la paix, “en état alcoolisé” lors de son interpellation, a été placé en garde à vue jeudi matin à Marseille après la mort d’un jeune homme au cours de la nuit, à la suite d’une altercation dont les circonstances sont encore floues. “Dans des circonstances qu’il conviendra d’éclaircir, le policier a utilisé à une reprise son arme de service et blessé à la cuisse” un jeune homme de 19 ans, a expliqué le directeur départemental de la Sécurité publique, Pierre-Marie Bourniquel, lors d’une conférence de presse.

A ses côtés, Jean-Paul Bonnetain, le préfet de police des Bouches-du-Rhône, a précisé que le policier était “en état alcoolisé” lors de son interpellation, soit environ 2 heures après les faits.

Né en 1973, l’homme travaille au sein du groupe de sécurité de proximité (GSP). Bien que n’étant pas en service, le fonctionnaire portait son arme sur lui, ce qui n’est pas autorisé, lorsqu’il s’est rendu vers minuit dans une épicerie du quartier de la Joliette (2e arrondissement) pour acheter quelques bières, selon une source proche du dossier. Alors qu’il se trouvait dans l’épicerie, trois jeunes, dont un fumait de la résine de cannabis, sont arrivés.Le policier a fait une réflexion qui a dégénéré en rixe. Frappé par les trois jeunes, qui selon lui auraient remarqué son pantalon de policier, l’homme a alors sorti son arme.

“Dans des circonstances qu’il conviendra d’éclaircir”, explique la police dans un communiqué, un coup serait parti, touchant l’un des jeunes, âgé de 19 ans, à la cuisse. Des marques sur le visage du policier attestent la thèse de l’altercation, a ajouté M. Bonnetain.

Emmené immédiatement à l’hôpital en voiture par ses amis présents sur les lieux, le jeune homme, Yassine Aibeche, atteint à l’artère fémorale, est mort quelques heures plus tard. Le policier serait quant à lui rentré à son domicile avec les bières qu’il était venu s’acheter, sans s’être rendu compte qu’une balle avait touché quelqu’un.

Selon une source proche de l’enquête, c’est l’épicier qui a donné à la police les coordonnées du fonctionnaire, qui n’a opposé aucune résistance. Plus tard, à l’annonce du décès, un ami de la victime a quitté l’hôpital, pris sa voiture, puis est retourné à l’épicerie dans laquelle il a encastré sa berline allemande. Âgé de 19 ans, il a lui aussi été placé en garde à vue. Jeudi matin, le volet métallique de la supérette, située rue Roger-Salengro, était abaissé et les alentours étaient bouclés par la police. Des enquêteurs de la police scientifique et technique effectuaient des prélèvements sur des taches de sang retrouvées au sol. L’arme du policier a été saisie pour être transmise à la balistique.

Deux enquêtes ont été ouvertes, l’une confiée à la PJ par le parquet de Marseille, le volet administratif ayant quant à lui été transmis à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Le policier, recruté comme gardien de la paix en 2000, avait fait l’objet d’un rappel à la loi en juin 2012 après que son ex-compagne avec qui il connaissait un divorce difficile, eut porté plainte contre lui, a fait savoir la DDSP. Suite à une enquête de la hiérarchie policière, le sous-brigadier avait été désarmé temporairement, avant d’être reconnu apte à exercer par le médecin contrôleur de la police nationale.

Selon une source proche de l’enquête, la victime, originaire de la cité sensible Félix-Pyat (3e arrondissement), avait été condamné notamment pour des vols et des infractions à la législation sur les stupéfiants.

Une information judiciaire ouverte pour homicide volontaire

Une information judiciaire a été ouverte pour homicide volontaire a annoncé ce vendredi  15 février le procureur de la République. Le parquet a demandé le placement en détention provisoire du gardien de la paix, qui devrait être déféré vendredi dans l’après-midi.

 

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