mercredi 28 octobre 2020
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Justice (Photo Matthieu GUYOT/Essor)
(Photo/MG/Essor).

Marché des radars embarqués : des questions sur les conditions d’attribution

L’association anticorruption Anticor dénonce dans une plainte des soupçons de “favoritisme” dans le marché juteux des radars embarqués confié par l’Etat à des sociétés privées, a-t-on appris mercredi de source proche du dossier.

L’association a saisi le 18 janvier le parquet national financier (PNF) pour demander une enquête sur les conditions d’attribution de ces nouveaux marchés visant à “externaliser” au privé le pilotage de voitures banalisées embarquant des radars automatiques.

Selon cette plainte, révélée mercredi par L’Express, Anticor vise “deux marchés publics faramineux” passés entre l’Etat et la société Fareco, filiale du groupe de BTP Fayat, “en violation totale de la législation en matière de marchés publics“.

Déposée contre X, elle vise indirectement le ministère de l’Intérieur et l’entreprise, comme bénéficiaire. Anticor épingle particulièrement un contrat d’un montant global de 53,8 millions d’euros passé le 1er février 2017 entre la place Beauvau et la société.

Problème selon l’association: le contrat a été remporté en dehors de tout appel d’offres, “au motif que la société était la seule à détenir un certificat d’homologation” des véhicules, a expliqué à l’AFP l’avocat d’Anticor, Jérôme Karsenti.

Cet argument technique rendait selon le ministère impossible toute concurrence, mais il est contesté par l’association qui le juge “inopérant“. Fareco qui affirme fournir déjà la moitié des radars de franchissement de feux rouges sur le territoire – soit 350 -, doit déployer environ 300 véhicules de contrôle de vitesse automatisé, selon les informations disponibles sur son site internet.

Dans le domaine très sensible de la sécurité routière, l’externalisation d’une partie du contrôle routier est destinée à libérer les forces de l’ordre de cette tâche afin qu’ils se concentrent sur d’autres missions et ne soient pas mobilisés simplement pour conduire un véhicule.

Elle a fait l’objet d’une expérimentation à partir de février 2017 en Normandie, avant d’entrer en vigueur dans cette région depuis décembre. Alors que les opposants à cette mesure crient à une “privatisation“, le gouvernement martèle que les employés de sociétés privées se contenteront de piloter la voiture. L’association Anticor y voit elle aussi “une dérive vers une privatisation de la justice qui verrait l’Etat transférer peu à peu sa souveraineté sur ses missions régaliennes à des personnes privées“, selon Me Karsenti.

Avec AFP

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