lundi 18 janvier 2021
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Illustration (SD/L'Essor).

Macron veut un service national obligatoire de 3 à 6 mois

Annonce de campagne emblématique d’Emmanuel Macron, le service national universel commençait à tanguer de toutes parts :
le chef de l’Etat a remis les pendules à l’heure cette semaine en confirmant qu’il serait obligatoire et en le recentrant sur un engagement plus civique que militaire.

Oui, le service national sera mis en place – certains commençaient à en douter – oui il sera “obligatoire” – le débat s’installait en interne – et oui il pourra prendre une “forme civique“, a-t-il tranché mardi devant la presse présidentielle. Il est susceptible de durer “entre trois et six mois“, assez loin donc du projet esquissé en mars 2017 durant la campagne présidentielle.

Le candidat Macron proposait alors un service d’un mois, “encadré par les armées et la Gendarmerie nationale” et qui offrirait “une expérience directe de la vie militaire, de ses savoir-faire et de ses exigences“.

La grande différence entre l’annonce de Macron en mars 2017 et aujourd’hui c’est la démilitarisation du projet. La dimension de l’engagement a l’air de prendre le dessus“, relève une source proche du dossier.  “Dans sa campagne, Emmanuel Macron avait proposé une version un peu trash, un peu dure, coûteuse, mobilisant les casernes“, renchérit un député du parti présidentiel (LREM) sous couvert de l’anonymat.

Un service en trois temps

Le projet est “à mettre en lien avec la thématique de l’engagement, qui sera au cœur de l’année 2018, et même au cœur de la révision constitutionnelle” sur les institutions prévues au printemps, ajoute l’élu LREM. Dans l’état actuel des réflexions gouvernementales, le service comprendra “trois temps distincts” : “un enseignement de défense renforcé en milieu scolaire” (collège/lycée), un “tronc commun” d’un mois rassemblant des jeunes d’une même classe d’âge et un “engagement” de type service civique ou réserve militaire, explique la source proche du dossier.

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C’est cet engagement (plus ou moins long, ndlr) qui pourrait expliquer les trois à six mois évoqués par le président Macron“, ajoute-t-on de même source. Les jeunes pourraient opter pour un service dans le domaine social, environnemental, culturel ou pour la réserve militaire, de la Garde nationale à la veille sur les réseaux sociaux.

Le tronc commun est au cœur du brassage voulu par le chef de l’Etat pour renforcer la mixité sociale et la cohésion républicaine, mises à mal depuis la suppression du service militaire en 1997 et la montée du communautarisme. “Dans la jeunesse, il y a des gens qui ne se rencontrent jamais. Il faut qu’on arrive à faire ce temps commun“, souligne la secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées, Geneviève Darrieussecq. Ces “classes” d’un nouveau genre pourraient comprendre des ateliers de discussion sur la citoyenneté, la laïcité, la non-discrimination, des activités sportives de cohésion ainsi qu’un bilan de compétences post-scolaire.

“Fin de la récréation” 

Ce tronc commun posera aussi “les questions logistiques les plus lourdes“, concède Geneviève Darrieussecq. Dans quelles structures héberger 600.000 jeunes chaque année alors que nombre de casernes ont fermé depuis la fin de la conscription ? La piste des internats de collèges et lycées – soit 220.000 places hors périodes de cours – et des centres de vacances hors congés est à l’étude. Les militaires, déjà très mobilisés sur le front des opérations, ne seront pas forcément mis à contribution, sauf peut-être pour former des encadrants, souligne-t-on également au ministère des Armées.

Les étudiants relevant des écoles de la Fonction publique, comme l’ENA ou Polytechnique, pourraient  donner un ou deux mois de leur temps pour encadrer des jeunes, ajoute-t-on.

Selon les options retenues, la facture – évaluée à deux ou trois milliards d’euros par an initialement par le candidat Macron – variera de “un à dix“, souligne-t-on au ministère des Armées. Les détracteurs du projet le jugent d’ailleurs toujours irréalisable financièrement. Après des mois de flottement gouvernemental, Emmanuel Macron a sifflé la fin de la récréation et créé fin janvier un groupe de travail, qui devra rendre ses conclusions au 30 avril. Avec pour objectif une “montée en charge progressive” du projet à compter de 2019 ou 2020.

AFP

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