jeudi 4 mars 2021
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La maîtrise de l'usage de la force s'illustre dans le nombre de tirs de lanceurs de balle de défense (M. GUYOT/ESSOR)
La maîtrise de l'usage de la force s'illustre dans le nombre de tirs de lanceurs de balle de défense (M. GUYOT/ESSOR)

L’usage de la force par la Police et la Gendarmerie

Pour comparer l’usage de la force chez les policiers et les gendarmes lors des manifestations, un bon indicateur peut être l’usage du controversé lanceur de balles de défense (LBD). Les chiffres montrent en effet une importante disproportion, signe d’une certaine retenue de la part des militaires.

Lire aussi: Cet article fait partie de notre dossier consacré au maintien de l’ordre

Durant la crise des Gilets jaunes, entre le 17 novembre 2018 et le 5 février 2019, les policiers ont tiré 13.460 fois avec cette arme qui a parfois provoqué des éborgnements. Dans le même temps, les gendarmes ne l’utilisaient que 990 fois.

Il faut cependant affiner ce chiffre, car les manifestations ont eu lieu en zone Police. Les gendarmes qui les encadraient étaient donc des mobiles, spécialisés dans le maintien de l’ordre. Côté Police, il y avait soit des CRS, soit des policiers non spécialisés qui ont effectué l’essentiel de ces tirs (85 %). De leur côté, les chiffres des inspections respectives confirment l’idée d’une plus grande retenue des gendarmes.

Maîtrise de l’usage de la force par des gendarmes endurcis outre-mer et en opex

L’une des explications résiderait dans leur expérience de situations difficiles. “Les gendarmes sont habitués au maintien de l’ordre en outre-mer, certains sont envoyés en opérations extérieures. Ils connaissent donc des niveaux de confrontation plus intenses que face au black bloc”, note le chercheur Olivier Cahn. Il y voit une raison possible d’un “plus grand sang-froid” par rapport aux “polices urbaines qui, elles, sont habituées aux violences urbaines et à la nécessité de procéder à l’interpellation, au déferrement et à la judiciarisation”.

L’ancien patron de Saint-Astier, le général Bertrand Cavallier, expliquait également, lors d’une audition à l’Assemblée nationale, en 2015, que “les gendarmes sont pétris de cette culture de maintien de l’ordre qui veut que l’on retarde le plus possible l’usage des armes: on ne cherche pas à neutraliser l’adversaire en le détruisant, mais simplement à disperser les attroupements“.

Autre point important rappelé récemment par le directeur général de la Gendarmerie, “la hiérarchie intermédiaire, la hiérarchie de contact”. “Pour éviter qu’un gendarme ne commette une erreur, il faut […] qu’une solidarité forte s’organise autour de lui, soulignait le général Rodriguez. C’est possible grâce aux anciens et à la solidarité de contact.”

Matthieu Guyot

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