vendredi 28 février 2020
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Photo d'illustration (Tabeajaichhalt/ Pixabay).
Photo d'illustration (Tabeajaichhalt/ Pixabay).

L’insolite reconversion d’un ancien du GIGN dans la sophrologie

Alain Le Caro (Crédit photo: Alain Le Caro).
Alain Le Caro (Crédit photo: Alain Le Caro).

Proposer une fois par an une séance sur les techniques de sophrologie dans le cadre des séances de sport. C’est l’une des seize propositions de Gendarmes et citoyens pour lutter contre les suicides. Cette recommandation n’a pas échappé à Alain Le Caro, ancien officier au GIGN, devenu sophrologue.

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Sophrologie (du grec sophron, sage) : méthode de psychothérapie ou de relaxation proche de l’hypnose”. A la définition du Petit Larousse, le colonel (ER) Alain Le Caro préfère celle-ci : “technique qui permet de s’adapter à tout changement ou à une situation chaotique”. Il défend depuis plus de trente ans le recours à la sophrologie pour tous, y compris chez les …gendarmes. Une pratique à priori à cent lieues de l’intervention et de la protection, sa spécialité pendant une dizaine d’années. Il a été officier adjoint en 1982 du GIGN de Christian Prouteau, puis créateur et commandant (1982-1988) du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) – les fameux “mousquetaires du Président” -, enfin commandant (1988-1993) du Groupe de sécurité et d’intervention de la gendarmerie nationale (GSIGN).

Les gendarmes du GSPR précurseurs

A mon arrivée au GSPR, raconte Alain Le Caro à L’Essor, j’avais essayé l’hypnose avec l’aide d’un officier lui même hypnotiseur. Mais j’y ai vite renoncé car je voulais conserver le libre arbitre de chaque gendarme. Je me suis donc tourné vers la sophrologie”. Le patron du GSPR fait alors appel au docteur Jean-Pierre Hubert, l’un des précurseurs de la sophrologie en France. Les gendarmes du GSPR vont participer à des séances pratiques de sophrologie et de relaxation pour la préparation de leurs missions. A l’image aujourd’hui des aviateurs de la Patrouille de France ou de sportifs de haut niveau (navigateurs, athlètes, footballeurs ou rugbymen).

Tout en assurant son commandement au GSPR, Alain Le Caro bûche les week-ends pendant deux ans pour obtenir son diplôme de sophrologue. Il quitte la Gendarmerie en 1993 pour l’Afrique. Il va notamment mettre en place des structures de sécurité présidentielle en Côte-d’Ivoire ou au Burkina Faso. Il n’oublie pas pour autant la sophrologie puisqu’il va repasser ses diplômes à deux reprises, en 2004 et en 2008. Pourquoi? “Parce que la sophrologie évolue en permanence et qu’elle est devenue un art de vivre pour nous aider à gérer notre quotidien”.

Cabinet à Albi

Alain Le Caro ouvre même en 2011 un cabinet à Albi où il reçoit ses “patients”. Il porte aussi la bonne parole dans les entreprises, les administrations et même dans les prisons auprès des détenus et de leurs gardiens. Il doit ouvrir bientôt un second cabinet à Royan. Passionné par son sujet, il propose également la méditation et le yoga du rire qui vise à installer un bien-être complet chez ses adeptes. “Le yoga du rire, explique l’ancien officier, c’est une sorte de fou rire qui, via les mouvements internes du diaphragme, permet d’évacuer émotions, angoisses, colères et stress”.

Alain Le Caro espère également faire connaître la sophrologie aux autorités et aux cadres de la Gendarmerie. Il propose à ce sujet de l’adapter au métier de gendarme “mais sur la base du volontariat”. “Il ne faut surtout pas l’imposer, insiste-t-il, car la sophrologie se vit individuellement. Mais elle a un impact sur le collectif car elle renforce l’esprit de cohésion”. A son cabinet, il reçoit des “gens fragilisés professionnellement qui manquent de reconnaissance de la part de leur hiérarchie et de la société, comme les gendarmes et les policiers”. Autant de blessures qui peuvent faire croire à un individu “qu’il ne peut plus s’en sortir car il se croit coincé”. La sophrologie peut “l’aider à sortir de son bocal en lui faisant comprendre que la solution est à l’intérieur de lui”, conclut Alain Le Caro.

PMG

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