mardi 20 août 2019
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Maintien de l'ordre lors d’une manifestation contre la loi Travail à Paris en juin 2016. Photo d’illustration. Crédit photo : Jacques Billaudel.

L’exception parisienne du maintien de l’ordre à Paris sous le feu des critiques des gendarmes

A Paris, le maintien de l’ordre ne sera peut-être plus jamais le même. Enfin, c’est du moins ce qu’espèrent les gendarmes. Ce mercredi 27 mars, c’était le tour des gendarmes du Conseil de la fonction militaire de la Gendarmerie (CFMG) d’être auditionnés par la commission des Lois du Sénat. Dans la ligne de mire des militaires, la gestion du commandement des unités mobiles à Paris, un dispositif qui a montré ses limites lors de manifestation du samedi 16 mars à Paris – l’acte 18 des gilets jaunes -, entachée de nombreuses violences.

Affrontement entre des gilets jaunes et les forces de l'ordre le 1er décembre à l'Arc de Triomphe (Ph: Olivier Ortelpa/Creative Commons)
Affrontement entre des gilets jaunes et les forces de l’ordre le 1er décembre à l’Arc de Triomphe (Ph: Olivier Ortelpa/Creative Commons)

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Avec des mots feutrés, de manière diplomatique, les militaires ont relevé les soucis causés par la rigidité du commandement parisien, source de perte de temps pour les unités sur le terrain. Ils ont ainsi questionné les sénateurs sur un drôle de problème : pourquoi des opérations communes en province ne sont-elles pas possibles à Paris?

“Nous savons le faire”

Nous disposons d’un centre d’entraînement des forces à Saint-Astier où nous apprenons à intervenir d’initiative lorsque nous sommes face à des exactions, remarque ainsi par exemple le major Franck Borde, du CFMG. Nous savons le faire, nous le faisons en province, mais ne le faisons pas à Paris. Je ne saurais pas vous dire pourquoi.”

Les gendarmes mobiles et les CRS ont l’habitude de travailler ensemble. En province, c’est souvent plus simple“, poursuit ce spécialiste en poste à l’état-major du groupement de gendarmerie mobile de Mont-Saint-Aignan (Seine-Maritime) à son élection au conseil.

Dans la capitale, le sujet critique du maintien de l’ordre était jusqu’ici piloté directement depuis la salle de commandement de la préfecture par le préfet de police. Une centralisation qui a donc depuis montré ses limites. “La conception de manoeuvre est, j’imagine, complexe à partir de caméras. Avec plus de souplesse, grâce à des chefs opérationnels présents sur le terrain, nous aurions peut-être un levier pour limiter les exactions”, note Franck Borde.

Depuis le 16 mars, le Premier ministre Edouard Philippe a promis une plus grande autonomie aux forces sur le terrain. Une nouvelle politique confirmée avant l’acte 19 des gilets jaunes, le 23 mars, par le successeur de Michel Delpuech, le nouveau préfet de police Didier Lallement.

G.T.

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