jeudi 15 avril 2021
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Archive de la préfecture de police du 29 juin 1968

Les secrets de Mai 68 (3/5) : nom de code opération “Gamma” ou l’arrestation manquée de Cohn-Bendit

Mai 68 n’avait pas livré tous ses secrets.
L’Essor de la Gendarmerie a eu accès à des archives de la Préfecture de Police de Paris.
Voici cinq histoires inédites sur Mai 68 à Paris. Celles-ci seront diffusées quotidiennement sur le site de L’Essor à partir de ce mercredi 18 avril.

Lire aussi sur L’Essor : Les secrets de Mai 68 (1/5)  : la gendarmerie mobile massivement engagée à Paris 

Lire aussi sur L’Essor :  Les secrets de Mai 68 (2/5) :lLes chiffres des grandes manifestations parisiennes

4 – Quand la police enquêtait sur la célèbre photo de de Gaulle descendant de son hélicoptère le 30 mai 1968.
5 – La manifestation gaulliste du 30 mai 1968 racontée par la PP.

Les secrets de Mai 68 (3/5) : nom de code opération “Gamma” ou l’arrestation manquée de Cohn-Bendit

Figure emblématique de Mai 68, Daniel Cohn-Bendit a échappé à l’arrestation malgré un plan secret de la Préfecture de police mis en place dans les tout derniers jours de ce mois de mai.

Le 21 mai 1968, “Dany le Rouge”, surnom du à sa couleur de cheveux et à … ses idées politiques, est frappé par un arrêté d’expulsion car il est alors ressortissant allemand. Mais il se trouve en Allemagne. Il se présente pourtant à la frontière française quelques jours plus tard mais ne peut évidemment rentrer.

Le 28 mai, les cheveux teints et déguisé, il rentre à Paris caché dans le coffre de la décapotable de l’actrice Marie-France Pisier. Celle-ci a déjà tourné une dizaine de films mais poursuit toujours des études supérieures à Nanterre, haut lieu de la contestation. Marie-France Pisier transporte pendant plusieurs jours Daniel Cohn-Bendit qui assiste même à un meeting à la Sorbonne où il est ovationné.

Du coup, le 29 mai, la Préfecture de police lance une opération d’arrestation du leader de Mai 68 révolutionnaire sous le nom de code opération “Gamma”.

A cette époque, les communications de la police ne sont pas cryptées et peuvent être écoutées sur les fréquences radio.

Le directeur général de la police parisienne recommande donc dans une note de “ne plus passer en clair, sur les ondes, de messages concernant Cohn-Bendit”.

La PJ estime que “nos communications sont entendues” et imagine un subterfuge.

Si la PJ repère Cohn-Bendit dans un véhicule, un message général sera passé par radio sur le thème “la brigade criminelle (pour ne pas prononcer le nom de Cohn-Bendit) est dans la voiture ; numéro d’immatriculation …  marque … couleur … en direction de … “. La note précise : “En cas de découverte, procéder à l’interpellation des occupants”.

Cohn-Bendit ne sera jamais intercepté et quittera la France pour quelques jours de vacances au soleil de Sardaigne.

Pierre-Marie Giraud

Prochain article : “Quand la police enquêtait sur la célèbre photo du général de Gaulle rentrant à Paris le 30 mai 1968” (4/5)

 

 

 

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