samedi 19 septembre 2020
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Chaque année, près de 18.000 atteintes au milieu agricole sont recensées en France. (Photo d'illustration : F.Barske/Pixabay)
Chaque année, près de 18.000 atteintes au milieu agricole sont recensées en France. (Photo d'illustration : F.Barske/Pixabay)

Les référents sûreté au cœur de la sécurisation des exploitations agricoles

Les dispositifs mis en œuvre par la Gendarmerie pour la sécurisation des exploitations agricoles étaient présentés lundi 24 février 2020 lors de la 57e édition du salon international de l’agriculture. Parmi ces dispositifs, les référents sûreté occupent une place majeure.

Vols, dégradations, intrusions, occupations illégales ou menaces et actions d’organisations militantes… En moyenne, un fait est signalé chaque demi-heure sur les exploitations agricoles. Ce qui représente près de 18.000 faits pour l’année 2019. “Ces derniers temps, les actions des animalistes ou antispécistes créent beaucoup d’émoi dans le monde agricole”, évoque le colonel Bertrand Pallot, à la tête de la cellule Déméter. Structure fonctionnelle rattachée à la direction des opérations et de l’emploi de la Gendarmerie, Déméter a été lancée en octobre 2019. Elle coordonne les actions menées sur tout le territoire en lien avec plusieurs sous-directions de l’Arme, comme celles de la police judiciaire ou de l’anticipation opérationnelle. “Nous travaillons sur du renseignement au quotidien, les analysons, puis menons des actions de prévention et de conseil auprès des acteurs du monde agricole”.

Ecusson référent sûreté gendarmerie (L.Picard/L'Essor)
Ecusson référent sûreté gendarmerie (L.Picard/L’Essor)

Le conseil au cœur du dispositif

C’est d’ailleurs l’objectif de la présence des gendarmes pour la deuxième année consécutive au salon de l’agriculture. Parmi eux, l’adjudant Nicolas Muzellec, référent sûreté en prévention technique de la malveillance au sein du groupement de gendarmerie d’Eure-et-Loir. Depuis plusieurs jours, il parcourt les allées à la rencontre des agriculteurs, des éleveurs et des exploitants. Il explique à L’Essor son rôle auprès d’eux tout au long de l’année. “Notre prérogative en tant que référents sûreté est de réaliser des études de vulnérabilité des exploitations agricoles.” Il peut s’agir de simples consultations orales à l’occasion de rencontres, le gendarme peut également entreprendre des évaluations plus poussées débouchant sur des rapports. “Dans ces diagnostics de sûreté, nous essayons de cerner les failles pour donner des recommandations. Elles peuvent être humaines, organisationnelles ou encore techniques.”

Ces derniers mois, il ainsi conseillé à quelques agriculteurs de sa région de mettre en place des éléments dissuasifs. Panneau d’informations à l’entrée des exploitations, dispositifs d’éclairage à détection de mouvements, système de vidéosurveillance pour identifier les auteurs d’actions malveillantes… Le tout associé à des conseils de bon sens, comme par exemple ne pas laisser les clés des engins agricoles sur le contact. Mais il insiste: “Il s’agit de recommandations. Pas de prescriptions !”

L’enjeu du renseignement

Le rôle du référent sûreté ne s’arrête pas là. Outre les conseils qu’il délivre, le référent sûreté, comme chaque gendarme, est aussi un vecteur de recherche renseignement. “Les agriculteurs voient énormément de choses. Nous les incitons à transmettre les informations en appelant le 17, notamment lorsque quelque chose sort de l’ordinaire. Ils ne nous dérangeront jamais!” C’est aussi tout l’enjeu des rencontres qui sont régulièrement organisées en région, en partenariat avec les organisations comme la FNSEA et les Jeunes agriculteurs. De la sorte, la Gendarmerie arrive à une forme de coproduction de sécurité. “On ne peut rien anticiper si nous n’avons pas de bonnes informations émanant du terrain”, conclut l’adjudant.

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Des outils pratiques

Au niveau national, 214 référents sûreté sont appuyés par près de 3.000 correspondants dans les brigades de gendarmerie. Dans leurs missions, ils s’appuient sur une palette d’outils proposés en complément de leur action. Une soixantaine de départements disposent ainsi d’un outil d’alerte par SMS, en lien avec les chambres d’agriculture. 79 départements possèdent un plan dédié à la sécurité des exploitations agricoles. Des guides réflexes sont aussi fréquemment distribués aux agriculteurs. Enfin, le site internet referentsurete.fr est également à la disposition de l’ensemble des acteurs du monde économique, y compris du secteur agricole. Il regroupe les principaux conseils et permet de localiser et contacter les référents sûretés au niveau de chaque groupement.

Loïc Picard

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