mercredi 28 octobre 2020
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Le ministère de la justice (Photo d'illustration L'Essor).
Le ministère de la justice (Photo d'illustration L'Essor).

Les forces de l’ordre “à bout” : appel au rassemblement mercredi place Vendôme

Fait rarissime, les syndicats policiers ont tous appelé à un “rassemblement” mercredi place Vendôme sous les fenêtres de Christiane Taubira et devant les tribunaux en province, ravivant la guerre police/justice. L’association “Gendarmes et citoyens” s’est jointe au mouvement en appelant elle aussi à manifester place Vendôme.

Les syndicats pointent une “explosion des violences”, un “manque de moyens”, des “missions peu claires”, une “absence de réponses pénales”.

Jean-Hugues Matelly, président de GendXXI, une association professionnelle des militaires de la Gendarmerie, estime aussi que ceux-ci “subissent une tension importante” et “croissante en raison de l’insuffisance” des effectifs.  Il évoque également “l’augmentation du niveau de violence”. Les gendarmes avaient fait part de leur “émotion” après la mort de l’un des leurs lors d’une fusillade dans la communauté des gens du voyage dans la Somme cet été.

De “héros” à “oubliés”

La fusillade en Seine-Saint-Denis, au cours de laquelle un policier a été très grièvement blessé la semaine dernière par un malfaiteur en cavale et fiché, n’a pas apaisé. Les syndicats de police et la droite ont mis en cause la ministre de la Justice Christiane Taubira, qui a envisagé mardi de mieux encadrer les permissions de détenus.

“Les policiers, héros du mois de janvier” après les attentats “sont devenus les oubliés de la République”, tonne Jean-Claude Delage pour Alliance, premier syndicat de gardiens de la paix. Nicolas Comte, pour Unité-police SGP, évoque un “état de fatigue préoccupant”. “Un ras-le-bol, une perte du sens du métier”, renchérit Patrice Ribeiro de Synergie, deuxième syndicat d’officiers.

La place Vendôme, lieu étant jugé “trop emblématique” et “peu propice à un rassemblement de masse” par les autorités, celles-ci ont demandé ce week-end aux organisateurs d’en trouver un autre.

En 1983, une manifestation de policiers conspuant les ministres de gauche, devant le ministère de la Justice, après la mort d’un fonctionnaire est restée dans les mémoires.

Message de mobilisation de Bernard Cazeneuve

Bernard Cazeneuve doit trouver mardi les mots justes en fixant sa feuille de route aux forces de l’ordre, “à bout” après les attentats et la crise migratoire.

Il y a un an, le ministre de l’Intérieur appelait policiers et gendarmes à une “vigilance absolue” face à la “menace terroriste”. Depuis, il a eu le séisme des attentats de janvier et plusieurs répliques, et la France, qui vit au rythme du plan Vigipirate parfois au niveau d’alerte maximum, est toujours sous une “menace permanente”.

Bernard Cazeneuve, selon la place Beauvau, devrait adresser un message de “mobilisation” et de “soutien” aux forces de sécurité réunies à l’École militaire à Paris. Le ministre devrait rappeler le déploiement progressif de plus de 1.400 hommes supplémentaires “sur trois années” promis après les attentats.

Le rendez-vous solennel permettra aussi, a-t-il annoncé, de dresser un bilan des mesures antiterroristes, notamment les déchéances de nationalité, “expulsions des prêcheurs de haine” et “interdictions de sortie du territoire”. En pleine crise migratoire, qui mobilise les forces de l’ordre notamment à Calais, il a par ailleurs promis des “mesures extrêmement fermes” contre les réfugiés “dont le comportement n’est pas conforme à nos principes”.

Mais Bernard Cazeneuve fixera aussi des “objectifs”, dit-on au ministère, et fera des “annonces” pour répondre aux “inquiétudes” et “attentes” des forces de l’ordre qui se disent “fatiguées”. “Je suis usé je n’ai pas pris mes récupérations, ça s’accumule!”, lâche ainsi un jeune policier qui, en banlieue parisienne, filtre les entrées d’un grand commissariat — “je fais +plante verte+ toute la journée”, grince-t-il.

Et les sollicitations ne risquent pas de diminuer dans les prochains mois, avec deux événements annonciateurs d’une sécurité maximale: la conférence de l’ONU sur les changements climatiques (COP21) au cours de laquelle les représentants de 195 pays sont attendus à Paris début décembre, et l’Euro-2016 de football (10 juin-10 juillet).

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Un commentaire

  1. chassonnaud

    d’un seul coup, un seul, il faut que François Hollande et Christiane Taubira se trouvent au Gouvernement pour que l’on s’aperçoivent qu’il manque des effectifs !!! autant que je sache c’est sous le “régne” de Nicolas Sarkosy que les coupes sombres ont été faîtes!!! et personne ne descendait dans la rue pour le faire savoir !!! actuellement tous les corps de métiers sont prêts à descendre dans la rue, à croire qu’en même temps ils s’aperçoivent ce qui ne leur apparaissait pas primordial, à première vue, il y a tout juste deux ans et demi !!! personnellement je suis convaincu que le nécessaire est fait pour que la France entière provoque envahisse les rues afin de solliciter la destitution de l’actuel Président de la République!!! ce dernier entendant finir son mandat, ce qui ne semble pas du goût de ses “adversaires” politiques!!!

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