L'Essor

Les conseils de Philippe B., ancien du GIGN, face au stress, aux peurs et aux doutes

Philippe B., alias Aton, ancien membre du GIGN délivre ses conseils lors d'une conférence en ligne. (Capture d'écran / Fojow)

Philippe B., alias Aton, ancien membre du GIGN délivre ses conseils lors d'une conférence en ligne. (Capture d'écran / Fojow)

Ancien gendarme du GIGN, Philippe B., alias Aton, donne quelques conseils de développement personnel pour booster son mental et faire face au stress, à ses peurs et à ses doutes. S’il propose régulièrement des conférences, c’est en version vidéo qu’a eu lieu la dernière, via la plateforme Fojow.

Après avoir quitté le groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN) suite à une mauvaise blessure, Philippe B. a bien rebondi, fidèle à son état d’esprit de combattant. L’ancien champion de full-contact a troqué l’uniforme pour se lancer dans une triple carrière d’acteur, d’auteur et de conférencier. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a trouvé son public. Rien que sur Instagram, il est suivi par plus de 80.000 personnes.

Le 20 janvier dernier, la conférence en ligne affichait complet. Parmi les internautes connectés ce soir-là, beaucoup de jeunes qui souhaitent intégrer un jour la prestigieuse unité d’élite de la Gendarmerie. Philippe B. n’hésite d’ailleurs pas à glisser quelques recommandations ciblées à ces jeunes motivés. La plupart de ses conseils sont étayés par des anecdotes et expériences vécues dans sa vie personnelle ou au sein du GIGN.

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Peurs et doutes, des ennemis à combattre

Selon l’ancien gendarme, peurs et doutes se divisent en plusieurs catégories. On distingue ainsi les peurs dues à des croyances –“souvent instituées par les autres”– et nos propres peurs, ou encore le “stress instantané” du “stress installé”. Mais il est “essentiel de s’en libérer car ils constituent les principaux freins à nos actions” estime Philippe B..

Aussi, pour combattre ses peurs, il faut d’après lui “les identifier et comprendre leurs origines”. Il conseille ainsi d’écrire tout d’abord ses peurs afin de les dissocier. “Il faut ensuite les affronter, étape par étape”. Notamment en les confrontant à la réalité. Une bonne occasion également de découvrir ses limites.

Concernant les doutes, “ils sont naturels chez tous les êtres humains. Mais contrairement aux peurs, il est plus simple de les maîtriser.” De fait, “leur non-maîtrise peut entraîner de la panique et engendrer des sur-réactions, comme de la peur ou de la paralysie.” Les doutes se combattent donc en partie avec la connaissance.

Conseils pour gérer son stress

Dans les situations de stress, “il faut savoir lâcher prise” affirme l’ancien chuteur opérationnel du GIGN. Deux ingrédients essentiels le permettent: “la respiration et la visualisation”. Le premier va permettre de “récupérer ses capacités avec une réduction du rythme cardiaque et une ré-oxygénation des muscles”. Le second, de “reprendre confiance en captant les bonnes ondes et en visualisant sa réussite“.

La gestion du stress installé demande davantage de travail sur la durée. Il nécessite de “quitter sa zone de confort pour se confronter à l’inconnu”. Une façon de “reprendre confiance et de retrouver les clés de la maîtrise de soi”. Sa méthode secrète “made in GIGN” face à l’inconnu? Analyser et envisager différentes hypothèses. “Cette visualisation des possibilités va permettre d’anticiper des situations inattendues et de ne pas développer de stress handicapant une fois que l’on y est confronté”. Une méthode éprouvée par les gendarmes d’élite du Groupe, par exemple lors de la préparation d’assauts ou d’interpellations. Même si, reconnaît-il avec humour, “ça ne se passe bien souvent pas comme on l’avait prévu”.

Dans tous les cas, “le mental occupe une place importante dans la réussite de ses combats du quotidien”. Des combats qui passent aussi par la cohérence avec le physique selon Philippe B.. Il est donc important “de développer ses capacités pour optimiser ses résultats”. “Il faut être stratège pour atteindre ses objectifs. Lorsque les capacités physiques sont là, le mental suit, explique-t-il. En repoussant ses limites physiques, on repousse les limites de son mental.”

Les accords Toltèques

A plusieurs reprises, Philippe B. cite Les Quatre Accords Toltèques, issus d’un ouvrage publié par Miguel Ruiz vers la fin des années 1990. Ces principes de développement personnel, il les a intégrés et adaptés. “Il faut tout d’abord maîtriser sa parole et qu’elle soit bienveillante. Cela demande de la réflexion avant de parler. Est-ce que ce que l’on va dire a une finalité positive? Est-ce que cela va élever le débat ou vais-je en tirer quelque chose?”, illustre-t-il.

Vient ensuite le fait de ne pas prendre les choses personnellement. Notamment les critiques et ce qui est dit sur soi. “Car il s’agit souvent de projections de la réalité de celui qui le dit. Personne ne vous connaît mieux que vous-même! Les limites que nous mettent les gens sont bien souvent leurs propres limites.”

Troisième conseil issu des ces accords: “arrêter de faire des suppositions pour moins en souffrir”. Un point qui n’a toutefois rien à voir, selon lui, avec le fait d’envisager des hypothèses pour mieux se préparer, comme évoqué précédemment.

Enfin, la dernière ligne de conduite que proposent ces accords est sans doute la plus importante. “Essayer de faire de son mieux, conclut l’ancien gendarme, notamment pour appliquer les trois accords précédents, passés avec soi-même”.

Légion d’honneur

Comme il l’avait annoncé en amont sur les réseaux sociaux, Philippe B. a glissé une révélation importante à ses fans en fin de conférence. L’ancien membre du groupe d’élite de la Gendarmerie va en effet recevoir la Légion d’honneur. C’est d’ailleurs une autre légende du Groupe qui la lui remettra. Également sous-officier, Thierry Prungnaud avait participé à l’assaut de l’airbus détourné par des terroristes algériens en décembre 1994. Sur le tarmac de l’aéroport de Marignane, il avait alors mené une des colonnes d’assaut, parvenant à abattre trois des quatre preneurs d’otages avant d’être grièvement blessé. C’est aussi lui qui avait remis à Philippe B. son brevet lors de son intégration au GIGN en janvier 2005. Il est ensuite resté son parrain professionnel.

Lire aussi: Thierry Prungnaud, premier de cordée du GIGN à Marignane

Des questions des internautes spectateurs ont clôturé la séance. Mais face à leur grand nombre, celui qui est rapidement devenu un influenceur a promis de continuer à y répondre par mail. Aton a par ailleurs déjà annoncé que d’autres conférences de ce type seraient organisées sur cette plateforme. Avis aux amateurs !

LP