dimanche 1 novembre 2020
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Les dossiers dans l'impasse que la division cold case du PJGN prend en charge sont parfois vieux d'une vingtaine d'années. (Illustration - KaGu/Pixabay)
Les dossiers dans l'impasse que la division cold case du PJGN prend en charge sont parfois vieux d'une vingtaine d'années. (Illustration - KaGu/Pixabay)

Les “cold case” ont enfin leur service dédié au sein de la Gendarmerie

Cette unité était attendue de longue date. Le Pôle judiciaire de la Gendarmerie nationale (PJGN) a présenté vendredi 9 octobre sa nouvelle division cold case, créée en début d’année. Ses enquêteurs se replongent dans des affaires non-élucidées ou d’une grande complexité.

Disparitions, crimes… les enquêtes des gendarmes et policiers peuvent parfois durer plusieurs dizaines d’années. Si beaucoup aboutissent finalement à la faveur de pistes et d’indices fructueux, d’autres piétinent. Pourtant, des victimes et des proches restent dans l’incompréhension et parfois l’espoir d’un dénouement. Certains enquêteurs eux-mêmes restent hantés par des enquêtes qu’ils ne parviennent pas à résoudre. Même des dizaines d’années après. Plusieurs associations de victimes, à l’image d’Assistance et recherche de personnes disparues (ARPD), demandaient ainsi la mise en place d’une unité dédiée aux affaires non-élucidées. Elles semblent avoir été entendues, puisque la Gendarmerie vient d’officialiser la création d’une “division cold case” (DCC) au sein de son pôle judiciaire à Cergy-Pontoise.

Nouveau nom pour le plateau d’investigation cold case

En réalité, l’intérêt de l’Arme porté à ces dossiers froids n’est pas une nouveauté. Cette nouvelle division est en effet une émanation de plusieurs entités, dont le plateau d’investigation des affaires non-résolues (PIANR), créé en 2016, également appelé depuis “plateau d’investigation cold case” (PICC). Mais aussi de la cellule Ariane, montée spécifiquement en 2017, suite à la disparition de la petite Maëlys en Isère. A l’époque, les enquêteurs explorent une centaine de dossiers pour tenter de trouver des rapprochements avec la piste Nordahl Lelandais.

Lire aussi: Comment les enquêteurs de la Gendarmerie veulent capitaliser sur la cellule Ariane

Il s’agissait néanmoins jusqu’alors d’une entité de circonstance. La nouvelle division cold case devient quant à elle une unité à part entière, placée sous le commandement du colonel Fabrice Bouillet, à la tête du service central de renseignement de la Gendarmerie (SCRG). Elle regroupe en son sein des experts des différentes spécialités du PJGN. Notamment du département des sciences du comportement et de celui de l’analyse criminelle.

Apporter un nouveau regard sur les affaires non-élucidées

La démarche des enquêteurs de cette nouvelle division est de reprendre les investigations en y apportant un nouveau regard. “Les affaires non-élucidées se heurtent généralement à un mur, dans le sens où elles n’avancent plus”, détaille le colonel Bouillié. Une mise à l’arrêt qui bien souvent est le résultat du suivi de pistes qui ne mènent plus nulle-part. “Les directeurs d’enquête sont dans un effet tunnel. Il devient important de leur apporter un nouveau regard. Or, si nous reprenons le même chemin, nous allons aller dans le même direction et nous aller dans le mur.” L’équipe de cette DCC dépoussière donc les dossiers.

“Nous allons destructurer la procédure, l’éclater et permettre un regard nouveau pluridisciplinaire pour damer la piste et faire en sorte que l’on prenne un autre chemin.”

Un travail qui ne se fait pas sans les enquêteurs initiaux puisque l’objectif est de les convaincre, tout comme les magistrats, de la nécessité d’aller sur d’autres pistes. Les investigations menées par la nouvelle division du PJGN peuvent aussi concerner des affaires résolues auxquelles pourraient se rattacher d’autres enquêtes dans l’impasse. C’est la culture du rapprochement.

Lire aussi: Fabrice Bouillié, le nouveau patron du renseignement criminel

Exploiter le potentiel des nouveaux outils et techniques d’investigation

Outre le fait de réétudier les dossiers, de nouvelles exploitations d’éléments matériels peuvent donner des résultats. C’est par exemple ce qui a conduit à l’arrestation d’un homme en juin dernier, trahi 19 ans après les faits, par l’analyse ADN d’un mégot de cigarette retrouvé sur les lieux du meurtre de Chantal de Chillou, tuée en 2001 dans la Drôme. Il s’agit là, de la première affaire résolue de cette nouvelle division.

La DCC travaille actuellement sur 14 affaires criminelles non élucidées, en lien avec les unités de recherches. Face à l’ampleur de certains dossiers et le nombre d’affaires qu’il pourrait être opportun de défricher, la division pourrait très vite monter en puissance. Une unité, donc, loin d’être classée.

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5 Commentaires

  1. Patrick MARIE

    Bonjour

    ENFIN….!!!!

    Excellente initiative et qui arrive après ma mise à la retraite… malheureusement !!
    je me serais senti comme un poisson dans l’eau dans une telle unité !!!

    De Beaux et Nombreux succès à cette nouvelle unité !!!!

  2. La gendarmerie peut compter sur la confiance du peuple Français! Il n’y a pas l’ombre d’un doute. Mais que fait la justice de ces nouveaux criminels? Les taules sont pleines à craquer; et à chaque nouvelle condamnation, correspond une libération, pour interner le nouveau venu. Depuis une dizaine d’années, le nombre de crimes augmente de 9% environ chaque année! Que va faire la France de tous ces individus relâchés, qui dépasseront sous peu, le nombre d’internés?

  3. Daniel MARIE

    Je pense que c’est une très bonne idée, car les moyens qui étaient mis à la disposition des enquêteurs il y a 10 ans, voir plus, n’étaient pas aussi sophistiqués qu’ils le sont actuellement.

  4. José Bernadas

    Certes il s agit d une excellente mesure qui démontre la parfaite formation de notre Institution.
    Un seul point négatif son Appellation Pourquoi utiliser u ne langue étrangére c’est dommage

  5. BELLENGER

    JE SUIS FRAN9AIS ET JE N’AI PAS APPRIS L’ANGLAIS ALORS POURQUOI APPELER CETTE NOUVELLE UNITE “COLD CASE ” C EST VRAI QUE JE N AI PAS TERMINE GENERAL MAIS MAJOR !………

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