vendredi 19 avril 2019
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Violences urbaines (Photo d'illustration/ M.G/L'Essor)
Violences urbaines (Photo d'illustration M.G/L'Essor).

Les black blocs, fer de lance des violences lors des manifestations de Gilets jaunes

Combien seront-ils ce samedi 23 mars à Paris et dans d’autres grandes villes, ces fameux black blocs pour défier, à coups de pavés, de cocktails molotov et autres barres de fer, policiers et gendarmes lors de l’acte XIX des Gilets jaunes?

Le samedi 16 mars, lors de l’acte XVIII, ils étaient au moins un millier à Paris, tout de noir vêtus, le visage masqué, disséminés dans les cortèges de Gilets jaunes. Ils ont incendié, cassé, dévasté et pillé près de 120 commerces : du très chic restaurant Fouquet’s aux kiosques de presse, en passant par les agences bancaires et les boutiques de vêtements.

Ce samedi 23 mars, le gouvernement ne veut pas revoir ces images d’émeutes urbaines sur les Champs-Elysées. Il va donc dérouler un plan encore plus robuste que les épisodes précédents.

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Les gendarmes mobiles et les CRS seront plus réactifs pour faire respecter les interdictions de manifester qui seront prises dans certains quartiers, comme les Champs-Elysées à Paris ou dans d’autres villes. Ils seront également dégagés en partie des gardes statiques devant l’Elysée, le ministère de l’Intérieur ou l’Assemblée nationale, remplacés des militaires de l’Armée de terre de l’opération antiterrorisme Sentinelle. Le samedi 16, douze unités mobiles (EGM ou CRS) avaient été fixées à la protection de ces bâtiments symboliques alors qu’elles auraient pu apporter une aide substantielle à leurs collègues déployés sur la plus belle avenue du monde, finalement dévastée par les casseurs et les pilleurs.

Les unités mobiles seront également aidées par les compagnies d’intervention et les détachements d’action rapide (DAR), constitués de policiers des BRI et des BAC. Enfin, les lanceurs de balles de défense DE 40 mm, très contestés pour les blessures graves qu’ils peuvent infliger, seront davantage utilisés que lors de l’acte XVIII.

La grande inconnue reste le niveau de mobilisation des black blocs pour cette journée du 23 mars. Mais sont ces black blocs?

Eric Delbecque, expert en sécurité intérieure décrit ce mouvement dans un livre fouillé intitulé “Les Ingouvernables. De l’extrême gauche utopiste à l’ultragauche violente. Plongée dans une France méconnue” (éditions Grasset).

Ce colonel de la réserve citoyenne de la Gendarmerie, a livré son analyse à L’Essor.

Les black blocs sont en fait une galaxie de groupuscules de l’ultragauche : anarchistes autonomes, anti fa (fascistes), syndicalistes à la culture révolutionnaire dure”, décrit Eric Delbecque.

“Ce n’est pas un mouvement centralisé avec une chaîne hiérarchique mais des petits groupes qui s’agrègent le temps des violences”, explique l’auteur. Il ajoute que l’ultradroite, présente lors des premières manifestations de Gilets jaunes, est “relativement marginale par rapport aux black blocs”. 

Communiquant par messageries cryptées, ils utilisent aussi les réseaux sociaux pour se faire connaître par des vidéos mises très rapidement en ligne. “La France, poursuit-il, en compte potentiellement entre 2.000 et 5.000, des chiffres que l’on retrouve dans certains autres pays européens comme l’Allemagne”.

Ces black blocs sont “très difficiles à infiltrer par la police”. D’autant plus, relève Eric Delbecque que les moyens des services de renseignements, ont depuis 2015, été massivement redéployés vers la lutte antiterroriste.

“Les blacks blocs n’expriment aucune revendication mais témoignent d’un contestation radicale et violente de toute forme de pouvoir pour s’installer dans l’insurrection permanente”.

Leurs rangs sont formés d’une grande majorité d’hommes – il y a quelques femmes – âgés de 16-17 à 45-50 ans, issus de tous les milieux sociaux, “réunis par une culture de la violence”, précise-t-il.

“Ils sont en bonne forme physique et très mobiles”, assure Eric Delbecque, relatant “la rapidité avec laquelle ils peuvent dépaver une rue sous la protection de guetteurs”.
La lutte contre les blacks blocs passent par le renseignement en anticipation, des interpellations plus nombreuses et davantage de judiciarisation, prône Eric Delbecque.

Pierre-Marie GIRAUD

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