jeudi 6 mai 2021
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Manifestation organisée par les syndicats de Police à Paris (Ph: M. GUYOT/ESSOR)
Manifestation de policiers à Paris (Ph: M. GUYOT/ESSOR)

Le pouvoir débordé par les syndicats de Police ?

Le pouvoir politique a-t-il vraiment l’autorité sur la Police ? “Dans une conjoncture marquée par une conflictualité sociale et une menace terroriste élevées, le gouvernement ne peut perdre le soutien de ses forces de police. Il est donc moins à même de faire passer des messages de tempérance qui ne seraient pas relayés par les syndicats policiers”, explique le sociologue Fabien Jobard.

Lire aussi: Cet article fait partie de notre dossier consacré au maintien de l’ordre

Dans son livre, Politiques du désordre, écrit avec Olivier Fillieule, l’auteur note la montée du thème sécuritaire dans le discours politique, à la fin des années 90. Elle s’est poursuivie lors de l’ascension de Nicolas Sarkozy, au discours toujours plus musclé, de la Place Beauvau à l’Elysée. Malgré l’alternance, ce mouvement s’est poursuivi. Notamment en raison des attentats terroristes de 2015, puis du contexte social lié à la réforme de la loi travail.

Un contexte sécuritaire qui profite aux syndicats de Police

“Quand le gouvernement se dit “en guerre” (l’expression fut maintes fois répétée par le Président François Hollande, plus encore par son ministre de l’Intérieur, puis Premier ministre, Manuel Valls), la Police gagne une importance qu’elle n’a pas par temps calme”, écrivent ainsi les chercheurs.

Un contexte qui aurait donc profité à des syndicats déjà puissants car très représentatifs. Ils ont par ailleurs adopté des positions plus radicalises. La raison? Une concurrence féroce sur fond de montée du mouvement des “policiers en colère”.

Fabien Jobard et Olivier Fillieule rappellent que les mobilisations policières se sont multipliées en juin 2020, après les déclarations du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, qui avait estimé qu’on “ne fait pas de croche-pied à l’éthique, sauf à […] abaisser la police”, avant d’appeler à la suspension des policiers en cas de “soupçon avéré” de racisme. La prudence de ces formulations n’avait pas calmé leur colère.

Pour les chercheurs, “dans des contextes plus généraux de mouvement social, les syndicats sont en position de force pour rappeler leurs exigences”. Et de citer le “barbecue de la colère policière”. Le syndicat Alliance l’avait organisé “en marge du G7” de Biarritz, en août 2019. Avec cette “rhétorique assumée du rempart contre le chaos”, le syndicat envoyait “le plus clair rappel que la prétention du président de la République à exercer ses prérogatives de chef de l’Etat dépend, in fine, du service policier”

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2 Commentaires

  1. MICHELE HUART

    Peut-on parler de Force Syndicale quand nous savons vous et moi que le syndicalisme policier, c’est un syndicat qui est dans un consensus perpétuel avec la hiérarchie en échange d’avancement de carrière. Leur Force c’est donc de “mouiller le maillot” sur l’espace médiatique pour faire croire aux camarades du Terrain qu’ils défendent ainsi leurs droit!
    Si l’exécutif se laisse “éblouir” voir “intimidé” par cette présence médiatique des syndicats de police, la Population, elle, sait que dans la Prestigieuse Maison d’en face, il y a des Femmes et des Hommes qui agissent avec calme, discrétion et efficacité pour la sécurité de tous sans compter leur temps.
    Ces Femmes et ces Hommes qui travaillent avec rigueur et grand professionnalisme n’ont pas besoin de “fracas sonore” pour démontrer leur implication auprès de la Population!
    Honneur, Respect et Soutien Total à nos Gendarmes et aussi MERCI à L’Essor qui par la publication, en toute transparence et sans tabou, de ces articles nous permet de comprendre l’implication de la Gendarmerie dans la vie citoyenne.

    • Alain Dumait

      Je vois que vous avez remarqué que tout à fait exceptionnellement le titre de cet article était doté d’un point d’interrogation…

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