mercredi 12 mai 2021
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Le général d'armée Christian Rodriguez, directeur général de la Gendarmerie nationale. (Photo: LP/L'Essor)
Le général d'armée Christian Rodriguez, directeur général de la Gendarmerie nationale. (Photo: LP/L'Essor)

Le patron des gendarmes réagit à la “tribune des généraux”

Le directeur général de la Gendarmerie a pris la plume, le 1er mai, pour réagir à la “tribune des généraux” en publiant un message sur son blog, dont l’accès est réservé aux gendarmes actifs, réservistes et retraités. “Nous ne sommes pas des spectateurs ni des commentateurs, mais bien des acteurs et des serviteurs de l’État”, écrit ainsi le patron des gendarmes

S’il s’exprime sur ce sujet c’est avant tout parce que l’initiateur de la tribune, Jean-Pierre Fabre-Bernadac, “se revendique comme un ancien officier de Gendarmerie”, précise le général d’armée Christian Rodriguez.

Lire aussi: Le passé sulfureux de Jean-Pierre Fabre-Bernadac, ancien officier de gendarmerie à l’origine de la tribune des généraux

C’est aussi parce que ce texte “a eu un effet de désinhibition, donnant lieu à toutes les outrances, en même temps que toutes les invectives, voire les injures les plus honteusement grossières”. Le directeur général ne précise pas à quoi il fait allusion, mais on pense à la lettre ouverte que l’un des signataires, l’ancien général Christian Piquemal a envoyée au chef d’état major des armées.

“Sous notre uniforme, nous ne nous appartenons pas”

“Certains déplorent et se lamentent ? Nous agissons et protégeons”, assène le général Rodriguez. Il rappelle également que devenir militaire est un “un choix libre et consenti”. Celui-ci “comporte sa part de sujétions et de contraintes”

Ainsi, détaille le directeur général, si le statut militaire établit que “les opinions ou croyances, notamment philosophiques, religieuses ou politiques, sont libres”, “il y a cependant une condition non négociable : quand nous agissons en qualité de militaires, sous notre uniforme, sous notre grade, nous ne nous appartenons pas, mais nous appartenons à la Nation”

Libre à chacun de renoncer à “cette règle de la réserve, de la discrétion et de la neutralité” pour “s’engager dans le débat public, voire se soumettre au suffrage, est libre de le faire”. Mais “il laisse alors de côté toute référence à son grade et à son uniforme”. Le général Rodriguez évoque ainsi la distinction entre militaires d’active ou à la retraite. Il ne se positionne pas sur la situation plus ambiguë des généraux en deuxième section. La parole de ceux-ci est bien plus libre que celle de leurs camarades en activité. Mais elle comprend pourtant certaines restrictions. Le général Piquemal avait ainsi été radié des cadres en 2016 pour ne pas avoir respecté son devoir de réserve. 

La parole plus libre mais encadrée des généraux en deuxième section

Celui-ci n’interdit pourtant pas aux généraux en deuxième section de s’engager politiquement. Parmi les généraux signataires de la tribune, plusieurs ont d’ailleurs des engagements militants ou des responsabilités électives

Critique de la tribune, le général (2S) d’armée de Gendarmerie David Galtier est ainsi vice-président de la Métropole Aix Marseille Provence sous l’étiquette LR. Il est revenu sur cette affaire le mercredi 28 avril dans un message sur Linkedin. Il juge ainsi excessive l’analyse de la situation de la France ainsi que les termes employés. Par ailleurs, les signataires commettent selon lui deux fautes. La première concerne “le chef des armées qu’un général en 2e section ne peut critiquer ouvertement”. La seconde touche les “militaires d’active qui méritent mieux pour la défense de leurs intérêts”.

Les signataires “n’ont pas compris qu’ils allaient nourrir le discours des extrémistes et celui des anti-militaristes, peu enclins à distinguer quelques centaines de mécontents de l’ensemble de nos personnels, dont la loyauté et la fidélité ne fait jamais défaut”.

104 gendarmes signataires de la “tribune des généraux”

Le chef d’état-major des armées assure avoir identifié 18 militaires d’active parmi les signataires. La Gendarmerie n’était pas en mesure de nous dire, ce lundi 3 mai, si des gendarmes en faisaient partie. En effet, c’est le ministère des Armées, responsable des sanctions éventuelles des gendarmes, qui mène les enquêtes. Nous attendions sa réponse au moment de mettre cet article en ligne.

Lire aussi: Tribune des généraux: ce que risquent les signataires

Parmi les 1.489 noms publics figurent en tout cas 104 personnes se revendiquant de l’Institution. Parmi eux aucun général. Chez les officiers, on recense 5 colonels, 9 lieutenants-colonels, 2 chefs d’escadron, 3 capitaines et un sous-lieutenant.

Pour chacun d’entre eux, L’Essor a trouvé des mentions au Journal officiel suffisamment anciennes pour que les personnels, actifs ou réservistes ne puissent plus être en activité. Une vérification à prendre néanmoins avec prudence, en raison des possibilités d’homonymie.

Depuis la publication de ce texte par Valeurs actuelles, son instigateur, Jean-Pierre Fabre-Bernadac, assure que les soutiens affluent de toute part. Il revendiquait ainsi le 2 mai au soir 23.312 signataires. Un nombre difficile à vérifier puisque les noms ne sont pas publics. Jean-Pierre Fabre-Bernadac précise par ailleurs qu’il ne vérifie pas lui même la réalité des états de service des signataires. 

Matthieu Guyot

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