jeudi 21 février 2019
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Le ministre de l’intérieur n’a pas l’intention de publier la liste des 1300 réservistes citoyens

La liste des réservistes citoyens de la Gendarmerie, environ 1300 ne sera pas publiée par le ministre de l’intérieur. Interrogé par l’Essor à ce sujet après l’annonce sur son site par le Syndicat des cadres de la sécurité intérieure  (SCSI-CFDT ex SNOP)  de la volonté de Gérard Collomb de la rendre publique après l’avoir obtenue, le cabinet du ministre a répondu très clairement. Le ministre ne la publiera pas.
“C’est le syndicat qui a évoqué l’éventualité de publier cette liste qu’il aurait en sa possession, non le ministre”
Sur son site le syndicat annonce que le ministre a obtenu la liste de la réserve citoyenne spécialisée  (*) et pas cette de la réserve citoyenne. “Gérard Collomb souhaite la transparence totale écrit le syndicat et, à cet effet, écrit le syndicat, il se fera communiquer la liste des 1300 officiers de la réserve citoyenne et la rendra publique”.
Le syndicat, très actif sur les réseaux sociaux et très prolixe sur le sujet de la réserve citoyenne de la Gendarmerie qu’il décrit comme “réseau secret de la République”, rien de moins,  a déjà demandé à plusieurs reprises la communication de cette liste.  Le 24 juillet dernier,  lors de son audition part la commission d’enquête du Sénat sur l’affaire Benalla,son secrétaire général Jean-Marc Bailleul, auditionné ce mardi 24 juillet  avait demandé la “transparence” sur la présumée liste des 74 spécialistes de la réserve opérationnelle. (1)

“Nous savons très bien de qui elle est composée, mais il y a une opacité depuis plusieurs années sur cette question”, ajoute Jean-Marc Bailleul, assurant avoir déjà saisi, en vain, sur cette question la Cada, la haute autorité de la transparence de la vie publique et le ministre de l’Intérieur.

 

D.C
(*) N.d.l.r :  la réserve citoyenne spécialisée n’existe pas, le SCSI veut sans doute parler des réservistes opérationnels spécialistes mis en lumière par l’affaire Benalla qui sont 74 au sein de la Gendarmerie,
L’avis de L’Essor 
Cette publication des noms des réservistes, qu’ils soient citoyens, opérationnels du cadre normal, ou spécialistes n’est tout simplement pas envisageable. D’abord d’un point de vue juridique. Dans quel cadre? en vertu de quoi ? de quelle transparence?  Pourquoi ne pas demander aux associations la liste de leurs adhérents ou leurs donateurs,  aux clubs la liste des leurs membres  ?
Surtout, il serait irresponsable d’un point de vue de la sécurité de ces personnes qui ont fait le choix de servir,  bénévolement ou pas,  la Gendarmerie,  et l’armée française. Dans cette période de risque terroriste très élevé et à l’heure des réseaux sociaux qui permettent de trouver une adresse personnelle ou professionnelle en trois clics,  jeter en pâture le nom de ces serviteurs des forces de l’ordre et de l’armée française, – d’autant qu’ils ne ne sont pas protégés – est impensable.
Et d’abord, sont-ils d’accord pour que leur nom et leur qualité de réserviste soit révélés? Si la réserve citoyenne comprend des personnalités connues qui n’en font pas mystère, ou qui en sont même fiers,  tels Stéphane Bern, colonel à la Garde républicaine,  Michel Drucker colonel dans l’armée de l’air, Jacques Perrin, capitaine de frégate dans la Marine, d’autres servent leur pays en toute discrétion et humilité, en se rendant, qui dans des écoles, qui dans des entreprises pour contribuer au lien armées nation. Tels ces bénévoles de la réserve citoyenne de cyber défense.qui ont choisi de servir en faisant bénéficier la défense de leur expertise et de leur connaissance du tissu socio-économique.
Et puis, un réserviste citoyen ne l’est pas à vie.   Il doit conduire des actions, faute de quoi son contrat n’est pas renouvelé.
Pour les réservistes opérationnels spécialistes, tous, très loin s’en faut, ont le profil d’Alexandre Benalla. Certains d’entre eux, linguistes, interprètes, experts, informaticiens, formateurs, travaillent dans l’ombre sur des missions discrètes, voire classifiées secret défense ou judiciaires, ou encore pour des unités comme le GIGN, ou des services de renseignement où l’anonymat doit être respecté.
Et, puis,  tous ne le disent pas à leur entourage, et même à leur employeur ou à leur environnement professionnel. C’est leur liberté élémentaire. Et leur droit absolu.

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Un commentaire

  1. Citoyen

    Je remercie L’Essor de défendre le vie privée des réservistes. Je suis réserviste citoyen “actif” et ne me sens nullement faire partie d’un réseau secret ou occulte. Je mets mes compétences au service de l’Arme, j’en suis fier, je ne cache pas mon statut (qui reste civil bien entendu). J’en parle autour de moi aux personnes que je choisis, pour faire rayonner l’institution, mais pourquoi mon identité serait-elle mise sur la place publique ?

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