lundi 14 octobre 2019
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La une de Mediapart, ce mardi 8 octobre 2019 (Capture d'écran).
La une de Mediapart, ce mardi 8 octobre 2019 (Capture d'écran).

L’ancien hacker le plus recherché de France condamné pour le piratage de Mediapart

 Seize ans après ses premiers faits d’armes, Damien, alias “DkD” sur la toile, a refait parler de lui. Il vient d’être condamné pour avoir piraté le site d’informations Mediapart.

Ce lundi 7 octobre, Damien, un jeune homme de 34 ans, été condamné par la douzième chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris à quatre mois de prison avec sursis pour un “accès frauduleux et le maintien dans un système de traitement automatisé de données”. La justice lui reprochait le piratage de la messagerie du célèbre journaliste d’investigation Fabrice Arfi.

En 2003, Damien avait fait la une de la presse française. Surnommé le hacker le plus recherché de France, ce mineur de 17 ans militait pour la cause palestinienne. Il avait alors défiguré plus de 2.000 sites internet dans le monde. Seize ans après, l’étoile du jeune geek a pâli. Le jeune homme vit désormais dans une modeste chambre, louée 150 euros par mois, dans un appartement qu’il partage avec d’autres colocataires en Catalogne.

Mot de passe interne à Mediapart

Avec son crâne rasé arborant un tatouage à l’arrière du crâne, son ample jean bleu délavé et sa veste noire, “DkD” présente en réalité le visage de la galère. Ce 24 décembre 2018, Damien s’apprête à fêter Noël seul. Mais le jeune homme sans emploi, DJ à ses heures, vient de récupérer un fichier – on ne saura comment – contenant des identifiants et des mots de passe, dont ceux de membres de la rédaction de Mediapart.

Un des couples identifiant-mot de passe matche. C’est celui de Fabrice Arfi, qui n’a visiblement pas changé depuis un certain temps son mot de passe. Un premier message à Edwy Plenel, le directeur de publication de Mediapart, l’oriente vers la plateforme sécurisée d’envoi de documents du site, Frenchleaks.

Après cette première tentative de contact infructueuse, Damien contacte Fabrice Arfi sur Whatsapp et le responsable informatique du site. “Salut Simon et bonne année, malgré ces problèmes de sécurité, écrit-il en substance à ce dernier dans un mail. Je peux te faire un rapport complet sur ces failles. Cependant, comme dit le dicton, tout travail mérite salaire. Quel prix seriez-vous prêt à mettre ?”

Maladresse

Pour appuyer sa demande, le hacker fait référence à des correspondances privées du journaliste auquel il a eu accès. “C’était très maladroit de ma part”, admet Damien à la barre, dix mois après les faits. “Mais, se défend-il, j’aurais pu détruire le site, mettre la zizanie.” Autre preuve de la bonne volonté du prévenu qui voulait monnayer son rapport de sécurité: il est venu pour se faire entendre à Paris de son propre chef.

On imagine l’émotion qu’a dû susciter l’existence d’une telle brèche dans le système d’information de ce journal travaillant sur des affaires médiatiques sensibles. La réaction du célèbre site d’information aux demandes de Damien ne s’était pas fait attendre. Mediapart déposait le 17 janvier une plainte auprès de la brigade spécialisée de la préfecture de police de Paris, la Befti. Ce lundi 7 octobre, après l’annonce du jugement, le jeune homme, arrivé dans la capitale via un vol low-cost pour Beauvais, est discrètement reparti. L’ancien crack de l’informatique se serait bien passé de ce retour piteux devant la justice française.

Gabriel Thierry.

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