vendredi 4 décembre 2020
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Photo d'illustration (S.D/L'Essor).

L’affaire impliquant l’ex-patron de la lutte antidrogue dépaysée à Bordeaux

La Cour de cassation a accepté de dépayser de Paris vers Bordeaux la procédure dans laquelle l’ancien patron de la lutte antidrogue, François Thierry, est mis en examen pour complicité de trafic de stupéfiants, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

Cette demande de dépaysement, émise début septembre par le parquet de Paris et portée à la Cour de cassation par le parquet général, avait été examinée mercredi.

Les magistrats de la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris vont donc passer le relais à la Jirs de Bordeaux pour la suite des investigations sur la saisie record, le 17 octobre 2015, de sept tonnes de cannabis à Paris.

L’ex-numéro 1 de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis) avait été mis en examen le 24 août dans cette affaire.

Panneau Boulevard Exelmans
Photo d’illustration (S.D/L’Essor).

La justice avait découvert que la drogue était arrivée en France dans le cadre d’une livraison surveillée opérée par l’Ocrtis avec l’aide d’un informateur important de “l’office“, considéré comme un trafiquant de drogue de haut vol.

La drogue cachée dans des camionnettes avait été découverte au pied du luxueux appartement de cet “indic“, boulevard Exelmans, dans le 16e arrondissement de Paris.

M. Thierry est notamment soupçonné d’avoir favorisé l’importation de drogue en France sans avoir informé totalement l’autorité judiciaire des modalités de l’opération ni du rôle-clé de cet informateur qu’il gérait en direct. Il affirme au contraire que les magistrats, notamment ceux du parquet de Paris, étaient au courant des méthodes d’infiltration de l’Ocrtis.

“Je me réjouis d’avoir un climat serein et une juridiction qui pourra enquêter autour de tous les protagonistes, dont des magistrats du parquet de Paris”, a déclaré à l’AFP Me Francis Szpiner, avocat du commissaire divisionnaire.

Le siège de la DGSI à Levallois-Perret (Photo d'illustration/ L'Essor).
Le siège de la DGSI à Levallois-Perret (Photo d’illustration/ L’Essor).

Dans cette affaire qui suscite des tensions entre les autorités judiciaires et policières de la lutte antistupéfiants, l’avocat avait dénoncé la position du parquet de Paris comme “juge et partie“. François Thierry a été sanctionné le mois dernier dans le cadre d’une procédure disciplinaire.

La procureure générale de Paris lui a retiré son habilitation d’officier de police judiciaire en raison de “manquements” aux obligations de loyauté: le policier, muté à la Sous-direction antiterroriste (Sdat) en 2016, ne peut plus procéder à des gardes à vue ou à des perquisitions.

Son recours gracieux contre ce retrait d’habilitation ayant été rejeté, son avocat, Me Francis Szpiner, a indiqué qu’il allait saisir une commission de la Cour de cassation.

AFP

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