samedi 16 novembre 2019
Accueil / A la une / La réforme de la sécurité de l’Elysée inquiète le créateur du GSPR
Gardes républicains dans la cour du palais de l'Elysée (MG/L'ESSOR)
Gardes républicains dans la cour du palais de l'Elysée (MG/L'ESSOR)

La réforme de la sécurité de l’Elysée inquiète le créateur du GSPR

La nouvelle direction de la sécurité de la présidence de la République (DSPR) laisse songeur des anciens du GIGN. Cette réforme a été évoquée la semaine dernière lors d’une réunion d’ex-membres du groupe d’élite de Satory. Un questionnement dont se fait l’écho le colonel (ER) Alain Le Caro.

Contacté par L’Essor, cet ancien officier de Gendarmerie s’inquiète de cette réforme. Il craint un éloignement du dispositif de sécurité de sa vocation première. Le colonel, auteur de l’ouvrage “Les mousquetaires du président”, connaît bien le sujet. C’est lui qui avait créé et commandé, de 1982 à 1988, le Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR).

Lire aussi sur L’Essor: Le colonel Ferrand succède au général Lavergne à la sécurité du Président

Satisfaire les services

La future DSPR rassemblera la sécurité rapprochée du président de la République et la sécurité du palais de l’Elysée et de ses annexes. Deux tâches assurées respectivement par le GSPR et le commandement militaire. La réforme, lancé au printemps 2018, a été ralentie par l’affaire Benalla. L’exécutif “veut mettre en place une nouvelle unité où tout le monde aura plus ou moins satisfaction, mais en oubliant la mission fondamentale de protection”, regrette Alain Le Caro.

En clair, pour ce colonel, la réforme de la sécurité de l’Elysée va certes “contribuer à apaiser les différents services”. Mais, craint-il, au détriment de l’efficacité opérationnelle. “A vouloir la paix entre services, les décideurs mettent au second plan l’efficacité de la protection du président, regrette Alain Le Caro. Pourtant, nous sommes en guerre et il  y a de sérieuses menaces.

Lire aussi sur L’Essor: L’insolite reconversion d’un ancien du GIGN dans la sophrologie

Plus précisément, Alain Le Caro s’inquiète de l’éloignement créé entre le GIGN et la future DSPR. Actuellement, les gendarmes qui font partie du GSPR sont tous issus du GIGN. Demain, les militaires du groupe d’intervention côtoieront les gendarmes de la garde républicaine et des policiers au sein de la future DSPR. Au risque d’une dilution des membres du groupe dans le nouveau dispositif.

Il y a trente ans, c’est pourtant le GIGN qui avait été mobilisé pour protéger le chef de l’Etat d’actions terroristes. Le GSPR avait ainsi été créé à partir du groupe d’intervention d’élite de la Gendarmerie. “Deux critères avaient présidé à cette création”, rappelle-t-il. D’une part, l’efficacité de la mission de sécurité. D’autre part, la garantie de la discrétion et du secret de la vie privée du président. “En abandonnant la primauté de ces deux critères fondamentaux, nous retombons dans les errements et les faiblesses qui prévalaient avant notre arrivée auprès du président Mitterrand“, analyse Alain Le Caro.

Gabriel Thierry

A voir également

Cannabiculture sur un atoll privé à Tahiti : le milliardaire Guy Laliberté entendu par les gendarmes

Les gendarmes de Tahiti (Polynésie) entendent actuellement un milliardaire dans une affaire de cannabis pas commune. Guy Laliberté, fondateur du Cirque du soleil, est en effet depuis mardi en garde à vue.

2 Commentaires

  1. Daniel Chollet

    Les rumeurs sur la réforme étaient donc bien fondées !

  2. Niout

    Petite guerre pour des “chefs” se disputant le cadavre puant d’une place autrefois honorifique….

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *