lundi 12 avril 2021
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L'ex-épouse de Frédérik Limol a livré un témoignage poignant sur BFMTV (Photo: BFMTV)
L'ex-épouse de Frédérik Limol a livré un témoignage poignant sur BFMTV (Photo: BFMTV)

La radicalisation du tueur de Saint-Just, Frédérik Limol

Près de trois mois après le meurtre de trois gendarmes par Frédérik Limol, dans la commune de Saint-Just, dans le Puy-de-Dôme, le profil et le parcours du tueur se précisent.

Son ex-épouse a notamment raconté comment elle avait alerté les autorités sur la violence de cet homme nourrit depuis de longues années par des théories survivalistes et complotistes.  

Il a commencé à tout casser. Il m’a attrapée, m’a étranglée…”

C’est en 2012, à Dubaï –où elle travaille– qu’elle épouse Frédérik Limol alors “bien sous tous rapports”, comme elle l’a confié au Dauphiné Libéré. Très vite cependant, il va dévoiler son vrai visage. “C’est un peu comme un tsunami. C’était calme et d’un coup ça ne l’était plus. Il a commencé à tout casser. Il m’a attrapée, m’a étranglée, il tapait contre le mur juste à côté de mon visage en criant: c’est moi le plus fort“, confie-t-elle à BFMTV dans un témoignage glaçant.

A Salon-de-Provence, où ils se sont installés, les insultes et les menaces de mort se répètent. Alors enceinte, Valérie vit dans la terreur, comme anéantie. Elle ne trouve pas la force de demander de l’aide, quand bien même l’homme –qui a transformé le logement en “camp retranché”– est totalement hors de contrôle. “Un soir je me suis réfugiée dans une chambre et il tapait contre la porte en hurlant: ‘Je vais te buter connasse. Tu verras jamais la tête de ton gamin, je te tuerai avant’, se remémore-t-elle. Nourrie de théories complotistes et survivalistes, l’ingénieur voit des francs-maçons et des “connards en costards” partout. Pour lui, la pandémie est le moyen qu’ils ont trouvé pour réduire la population mondiale.

Des plaintes classées sans suite

Valérie parvient néanmoins à s’enfuir et à divorcer. Elle obtient la garde de leur fille. C’était en 2015. Mais son ex-mari la poursuit de sa vindicte. En 2017, elle déposera deux plaintes auprès de la Gendarmerie pour menaces de mort. Elles resteront classées sans suite.

En 2019, Frédérik Limol a l’autorisation de détenir des armes de catégorie B. A savoir, deux pistolets Glock et un fusil semi-automatique. Mise au courant, la jeune femme dépose une main courante.

Elle déposera encore une troisième plainte pour abandon de famille, là encore classée sans suite. “Le lien n’a pas été fait entre les plaintes car elles ont été traitées par des services d’enquête différents, qui dépendent de juridictions différentes”, justifie aujourd’hui le procureur de la République de Clermont-Ferrand.

L’enquête se poursuit pour mieux appréhender cette “nouvelle forme de radicalisation”

C’est ainsi que le tueur de gendarmes est passé sous les radars de la justice. Une enquête approfondie aurait pourtant montré que l’homme, qui avait suivi des stages d’entrainement, passait des heures sur Internet à consulter des sites de propagande. Il était persuadé que la fin du monde était proche. Son appétence pour les armes, son profil psychologique instable et sa radicalisation auraient ainsi attiré l’attention si la jeune femme avait été écoutée.

Lire aussi: Deux mois après, les blessures toujours vives des gendarmes d’Ambert

Pour le journaliste du Parisien Jean-Michel Decugis, “c’est exactement le loup solitaire qui est craint par les services de renseignement”. C’est pourquoi l’enquête se poursuit aujourd’hui même si l’homme de 48 ans s’est suicidé après son assaut sanglant. Pour les forces de sécurité, il s’agit de mieux “appréhender cette nouvelle forme de radicalisation entre complotisme, ultradroite et délire survivaliste”. Afin d’éviter que d’autres Frédérik Limol passent un jour à l’action.

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